À Juba, un représentant de l’UE a fait part de ses inquiétudes concernant l’organisation du scrutin prévu en décembre, évoquant un ensemble de facteurs défavorables.
Faisant part de certaines réserves quant aux élections envisagées au Soudan du Sud, l’ambassadeur européen, Pelle Enarsson, a notamment souligné la persistance d’incertitudes politiques, d’une insécurité généralisée et de lacunes techniques, qui compliquent fortement la préparation de ces élections, déjà reportées à plusieurs reprises.
Depuis son indépendance en 2011, le Soudan du Sud n’a encore jamais organisé d’élections démocratiques, en raison d’un conflit civil déclenché peu après sa création. À sept mois de l’échéance électorale, l’absence de consensus politique et le manque de préparation suscitent de sérieux doutes quant à la possibilité d’un scrutin libre, transparent et crédible.
Selon l’ambassadeur, un retour durable à la paix reste une condition essentielle avant toute tenue d’élections, dans un pays encore fragilisé par les violences récentes. Le conflit oppose notamment le président Salva Kiir à son rival Riek Machar, accusé en 2013 d’avoir tenté un coup d’État, ce qui avait précipité le pays dans la guerre.
Malgré plusieurs accords de paix et la formation d’un gouvernement d’union nationale en 2018, la situation demeure instable, entraînant des reports successifs du processus électoral.
De son côté, le gouvernement sud-soudanais poursuit les préparatifs. Le président Kiir a récemment insisté sur la nécessité de débloquer rapidement les financements pour soutenir l’organisation du scrutin. Lors d’une réunion avec le comité chargé du dialogue interpartis, les autorités ont mis en avant l’importance de maintenir des échanges constructifs entre les formations politiques afin de garantir un climat apaisé.
Les responsables gouvernementaux affirment également avoir élaboré un cadre pour encadrer le processus électoral, tout en appelant à un appui de la communauté internationale. Les forces de sécurité, notamment la police, devraient jouer un rôle clé pour assurer la stabilité durant cette période.
Enfin, un budget a été présenté au président afin de soutenir les institutions électorales, et des démarches sont en cours pour mobiliser les ressources nécessaires. L’objectif affiché est de réunir les conditions permettant la tenue d’élections crédibles et ordonnées.



