En marge du sommet des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique à Malabo, le ministre burkinabè des Affaires étrangères (MAE) a rencontré la communauté nationale résidant en Guinée équatoriale. Le lundi 30 mars, Jean Marie Traoré a eu des échanges constructifs avec ses compatriotes à Malabo sur les sujets de la reconquête du territoire et des projets confédéraux.
Face à des compatriotes mobilisés, le diplomate a livré un état des lieux de la situation intérieure, mêlant avancées sécuritaires, perspectives de développement et progrès au sein de la Confédération des États du Sahel (AES). La diaspora a saisi cette occasion pour formuler des attentes concrètes tout en réaffirmant sa fidélité aux institutions de Ouagadougou.
Une reconquête territoriale et des résultats tangibles
« Le Burkina Faso avance bien, avec à ce jour 74 % du territoire reconquis, des milliers de personnes déplacées qui sont retournées dans leurs localités et des initiatives présidentielles dans des secteurs de développement qui produisent des résultats tangibles et visibles sur le terrain. » C’est par ce constat que le chef de la diplomatie burkinabè a ouvert son propos devant ses concitoyens établis à Malabo. Les chiffres avancés visent à rassurer une diaspora souvent en attente d’informations de première main sur l’évolution de la situation sécuritaire et humanitaire. Le ministre a également détaillé les réalisations dans les domaines agricole et infrastructurel, évoquant des projets portés par la présidence du Faso. À ses yeux, ces avancées témoignent d’une dynamique qui, malgré les défis réguliers, permet de dessiner une trajectoire de stabilisation.
Confédération AES et rôle de la diaspora
Sur le plan régional, Karamoko Jean Marie Traoré a présenté les récentes réalisations de la Confédération des États du Sahel, structure qui lie le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Il a notamment cité la mise en place d’une force unifiée, la création d’une banque confédérale ainsi que le lancement d’une radio et d’une télévision communes. Le ministre a appelé la diaspora à se mobiliser derrière le chef de l’État burkinabè alors que celui-ci assume la présidence tournante de la Confédération. Cette intégration renforcée, présentée comme un levier de souveraineté collective, a suscité un écho favorable auprès des membres de la communauté présents, qui ont salué le leadership du capitaine Ibrahim Traoré et renouvelé leur engagement à soutenir le gouvernement dans ce qu’ils ont qualifié de « noble combat ».
…l’établissement d’une liaison aérienne directe entre Ouagadougou et Malabo, l’ouverture d’un guichet bancaire facilitant les transferts de fonds, des dispositifs pour l’acquisition de logements au pays…
Les échanges ont également permis aux Burkinabè de Guinée équatoriale de faire part de leurs préoccupations pratiques. Plusieurs demandes ont été formulées : l’établissement d’une liaison aérienne directe entre Ouagadougou et Malabo, l’ouverture d’un guichet bancaire facilitant les transferts de fonds, des dispositifs pour l’acquisition de logements au pays, ainsi que la tenue prochaine du congrès du Haut Conseil des Burkinabè de l’Extérieur (HCBE). Le ministre Traoré a pris note de ces doléances. Il a également apporté des précisions sur l’évolution du projet d’enrôlement biométrique pour l’obtention des passeports, un dossier mené en collaboration avec l’Office national d’identification (ONI). Il a invité la diaspora à cultiver l’unité et à entretenir un dialogue constant avec les représentants consulaires et ceux du HCBE. Avant la rencontre avec la communauté, le chef de la diplomatie s’était entretenu avec le personnel du consulat général de Malabo. Les discussions ont porté sur les conditions de travail et les moyens à déployer pour renforcer le fonctionnement de la représentation. À l’issue de cet échange, il a procédé à la remise des insignes de chevalier de l’Ordre de l’Étalon au consul général Filatiéni Coulibaly, distinction attribuée dans le cadre des décorations de 2025.



