06122026Headline:

Mali: La Transition militarise la Police nationale et dope ses nouvelles missions

Pour nécessité de service et en tenant compte des réalités sécuritaires que connaît le pays, les autorités de Bamako ont entrepris une refondation et restructuration de l’appareil et des missions régaliennes de la police nationale malienne et de ses unités d’élite. Les 05 grands défis auxquels les FAMa pourraient associer et compter sur la police sont : la défense du territoire national, la sécurisation globale, l’identité et le voyage, la justice militaire, l’encadrement des réservistes.

La police malienne entre dans une nouvelle phase. Le gouvernement de la Transition vient d’adopter un projet d’ordonnance qui modifie profondément son organisation et ses missions. Ce texte, présenté par le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, prévoit la création d’une nouvelle Direction générale de la Police nationale (DGPN). La réforme vise à adapter l’institution aux réalités sécuritaires du pays et à son statut militarisé. Jusqu’à présent, la police malienne fonctionnait sur la base d’une ordonnance datant de septembre 2004. Ce cadre juridique, vieux de plus de vingt ans, avait montré ses limites face à l’évolution des menaces. La décision de militariser la police, prix en 2022, a rendu nécessaire une mise à jour du texte pour l’aligner sur le nouveau statut des fonctionnaires.

Cinq nouveaux axes intégrés pour une police polyvalente
La nouvelle ordonnance apporte des changements structurels importants. Elle élargit considérablement le champ d’action de la police, qui se voit confier cinq grandes missions renforcées. La première est la « défense du territoire national ». La police sera désormais intégrée au dispositif opérationnel de défense du territoire (DOT), aux côtés de l’armée. La deuxième mission concerne la « sécurisation globale ». Il s’agit pour la police de mettre en œuvre des stratégies offensives contre toutes les formes d’insécurité, du terrorisme à la criminalité organisée. La troisième innovation touche au domaine de l’

« identité et des voyages ». La police aura une responsabilité accumulée dans l’établissement et la sécurisation des documents d’identité et de voyage, comme les passeports et les cartes biométriques.

Plus récemment, en novembre 2025, ce sont 999 nouveaux gardiens de la paix qui ont prêté serment et rejoint l’institution. Ces renforts portent le nombre total d’agents à plusieurs milliers, répartis entre officiers, sous-officiers et gardiens de la paix.

La quatrième mission nouvelle est liée à la « justice militaire ». Conséquence directe de la militarisation, les policiers exercent des fonctions de police judiciaire militaire et de prévôté. Enfin, la cinquième attribution concerne l’« encadrement des réservistes ». La police devra participer activement à la mobilisation et à la gestion des réservistes, qui peuvent être appelés à renforcer les effectifs en cas de besoin. Pour le gouvernement, cette réforme a un objectif clair : créer une synergie totale entre les différentes forces de défense et de sécurité. En dotant la police de ces compétences élargies, les autorités espèrent répondre avec plus d’efficacité aux défis complexes qui traversent le Mali.

Une institution dont les effectifs ne cessent de croître
Cette transformation s’accompagne d’une augmentation continue des effectifs. La police malienne recrute régulièrement pour faire face aux besoins. En 2020, elle comptait environ 8 867 membres, dont 1 242 femmes. Depuis, plusieurs vagues de recrutement ont eu lieu. En septembre 2023, 3 239 nouveaux sous-officiers, dont 1 014 femmes, sont sortis des écoles de formation et ont intégré les rangs. Plus récemment, en novembre 2025, ce sont 999 nouveaux gardiens de la paix qui ont prêté serment et rejoint l’institution. Ces renforts portent le nombre total d’agents à plusieurs milliers, répartis entre officiers, sous-officiers et gardiens de la paix. Ces nouveaux effectifs bénéficient également de formations spécialisées. Des unités d’élite, comme le Groupement mobile de sécurité (GMS), sont également renforcées pour intervenir dans des situations à haut risque. La police malienne s’inscrit dans un contexte sécuritaire toujours très tendu, marqué par la persistance des groupes terroristes et des trafics en tous genres. Le gouvernement met sur une institution plus robuste, mieux formée et dotée de prérogatives élargies pour sécuriser le territoire et les populations.

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