Les pourparlers tenus au Caire relancent la coopération entre Rabat et Le Caire, après plusieurs mois de frictions économiques et de différends commerciaux.
La réunion conjointe du comité bilatéral maroco-égyptien, organisée en début de semaine au Caire, a permis aux autorités marocaines et égyptiennes de réaffirmer leur engagement à consolider leurs relations. Selon les déclarations officielles, les deux parties ont insisté sur la nécessité de dépasser les tensions récentes pour inscrire leur partenariat dans une dynamique plus pragmatique. Ce rendez-vous intervient après le report d’une session prévue en février, sur fond de désaccords commerciaux.
Dans le prolongement de cette reprise du dialogue, les discussions ont également intégré une dimension politique. Le Caire a réitéré son soutien à l’intégrité territoriale du Maroc et son appui à une solution politique sous l’égide des Nations Unies concernant le Sahara. Rabat a, pour sa part, validé un cadre renouvelé de coopération stratégique, traduisant une volonté partagée de renforcer la coordination bilatérale.
Ce repositionnement s’appuie sur des instruments économiques concrets. Plusieurs accords et protocoles d’entente ont été signés afin de stimuler l’investissement et de fluidifier les échanges, notamment à travers l’interconnexion des marchés financiers, l’élimination de la double imposition et l’appui à des projets conjoints. L’objectif affiché consiste à créer un environnement des affaires plus lisible et à favoriser une meilleure circulation des capitaux.
L’accent mis sur ces mécanismes répond à un déséquilibre commercial marqué. Les importations marocaines en provenance d’Égypte ont atteint environ 827 millions de dollars, contre 52 millions de dollars d’exportations marocaines, selon les données disponibles. Ce différentiel a alimenté des mesures restrictives de part et d’autre, Le Caire limitant certaines importations, dont des véhicules assemblés au Maroc, tandis que Rabat a encadré l’entrée de produits égyptiens, dans un contexte de mise en œuvre jugée incomplète de l’Accord d’Agadir.
Les discussions ont visé à corriger les déséquilibres et à restaurer la fluidité des échanges. Des retards de cargaisons dans les ports marocains début 2025 et les attentes égyptiennes concernant la prise en compte d’investissements estimés à près de 700 millions de dollars illustrent les points de friction traités lors de la réunion.
Au-delà du champ économique, les deux capitales ont appelé à contenir les tensions perceptibles sur les réseaux sociaux, notamment lors d’événements sportifs, afin de préserver l’image du partenariat.
Le Premier ministre égyptien, Mostafa Madbouly, a souligné que le rapprochement avec le Maroc s’inscrit dans une logique de stabilité régionale, en lien avec l’action conjointe des deux pays au sein de la Ligue arabe, de l’Union africaine (UA) et de l’Organisation de la coopération islamique (OCI).



