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Maroc: la Banque mondiale identifie quatre filières capables de mobiliser 7,4 milliards de dollars d’investissement privé

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La Banque mondiale identifie le solaire décentralisé, le textile bas carbone, l’argan transformé et l’aquaculture comme leviers prioritaires pour stimuler l’investissement et l’emploi.
Dans un diagnostic publié en 2026, la Banque mondiale propose une feuille de route visant à renforcer l’investissement privé au Maroc en s’appuyant sur quatre filières jugées stratégiques. L’institution estime leur potentiel cumulé à 7,4 milliards de dollars (environ 6,9 milliards d’euros) et à plus de 166.000 emplois à moyen terme.

Cette orientation s’inscrit dans un contexte où les autorités marocaines cherchent à accélérer la contribution du secteur privé à la croissance, notamment via des activités exportatrices et à faible intensité carbone.

Dans cette perspective, l’institution met en avant des mécanismes concrets pour lever les freins identifiés, en insistant sur l’adaptation du cadre réglementaire et l’amélioration de la lisibilité pour les investisseurs.

Elle souligne que l’atteinte de ces objectifs dépend directement de réformes opérationnelles, notamment en matière d’accès au marché, de normalisation et de gouvernance sectorielle, afin de sécuriser les flux d’investissement.

Le premier levier concerne le solaire décentralisé, considéré comme un facteur de compétitivité industrielle face aux nouvelles exigences environnementales des marchés européens. La Banque mondiale chiffre son potentiel à 2,9 milliards de dollars (environ 2,7 milliards d’euros), avec 43.500 emplois et une réduction cumulée de 56 millions de tonnes de CO₂ sur trente ans.

Toutefois, le développement du segment reste conditionné à l’assouplissement de certaines règles, notamment le plafond limitant l’intégration des énergies renouvelables dans les réseaux de distribution.

Dans le prolongement, le textile bas carbone apparaît comme un relais industriel lié à la recomposition des chaînes d’approvisionnement vers des zones proches de l’Europe.

Le Maroc dispose d’un avantage logistique, mais la montée en puissance du secteur repose désormais sur des exigences techniques telles que la traçabilité des fibres et le recyclage. L’absence de cadre clair pour la gestion des déchets textiles limite encore les investissements dans ce segment.

Par ailleurs, la valorisation de l’argan constitue un enjeu d’industrialisation locale. Selon la Banque mondiale, 93% des exportations restent réalisées sous forme brute, ce qui réduit la captation de valeur. Le développement de produits transformés, notamment dans les cosmétiques certifiés, pourrait générer environ 600 millions de dollars (près de 560 millions d’euros) et 17.700 emplois, sous réserve d’améliorations en matière de traçabilité et de normes sanitaires.

Enfin, l’aquaculture marine présente un potentiel estimé à 1,96 milliard de dollars (environ 1,8 milliard d’euros) et près de 75.000 emplois. Malgré l’identification de zones favorables par les autorités, le secteur reste freiné par des procédures administratives jugées complexes et des incertitudes liées au foncier.

La mise en place de mécanismes simplifiés, notamment via un guichet unique piloté par l’Agence nationale pour le développement de l’aquaculture, constitue un levier identifié pour accélérer les projets.

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