Le coup de filet contre la coalition d’opposition GCAP s’intensifie au Tchad. Après l’arrestation du Pr Avocksouma Djona, le porte-parole du regroupement, Max Kemkoye, ainsi que d’autres membres ont également été interpellés, sur fond de tensions liées à la marche prévue le 2 mai et à la décision de la Cour suprême déclarant la coalition illégale.
Le président du parti Les Démocrates et membre du GCAP, Pr Avocksouma Djona, ainsi que le porte-parole du GCAP, Max Kemkoye, ont été interpellés ce 25 avril 2026 par les forces de l’ordre tchadiennes, dans un contexte de forte tension politique autour de la coalition d’opposition.
Selon l’avocate du Pr Avocksouma Djona, Me Vetada Vounsia, l’interpellation de l’opposant a eu lieu à 7h du matin à son domicile. Elle a indiqué, sur les réseaux sociaux, que celui-ci a été arrêté en compagnie de son épouse avant d’être conduit à la Direction nationale de la Recherche judiciaire. Pour l’heure, aucune autorité politique ou judiciaire ne s’est prononcée sur les motifs de cette arrestation.
Quelques heures avant son interpellation, Pr Avocksouma Djona avait publié un message alarmant sur ses réseaux sociaux : « Suis-je en danger de mort ? En une semaine, la première fois à 2 heures du matin et hier à 22h19, des individus en Corolla et Toyota ont frappé chez des habitants leur demandant chez moi. »
De son côté, Max Kemkoye avait également alerté sur une possible arrestation. « Je viens d’apprendre que des agents de l’ANS ont investi mon quartier avec ma photo à l’appui pour identifier ma maison », avait-il écrit. Il a depuis été interpellé, selon plusieurs sources proches du GCAP. D’autres membres de la coalition auraient également été arrêtés.
Un contexte politique sous haute tension
Ces interpellations interviennent alors que le GCAP préparait activement une marche d’indignation et de dignité prévue le 2 mai sur l’ensemble du territoire tchadien.
La veille, dans un arrêt rendu le 24 avril, la Cour suprême a déclaré « illégal » ce regroupement de partis politiques. Dans la foulée, le gouvernement a mis en garde les membres de cette coalition contre toute activité politique, y compris la manifestation projetée.
Le chef de file de l’opposition démocratique, Pahimi Padacké Albert, a dénoncé cette décision et appelé à l’ouverture de l’espace politique. « La fermeture systématique des voies d’expression pacifique et la répression brutale des voix dissidentes révèlent bien la nature monolithique de ce pouvoir porté par la terreur et le piétinement des droits fondamentaux », a-t-il déclaré.



