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Niger: Attaque de l’aéroport de Niamey par un commando d’élite du JNIM : que s’est-il passé ?

Entre mercredi et jeudi, une attaque armée cible la zone aéroportuaire de Niamey. Le calme revenu après une heure de violences. La nuit de mercredi à jeudi a été particulièrement agitée dans la capitale politique du Niger. De violents échanges de tirs et de fortes détonations ont retenu aux alentours de l’aéroport international Diori-Hamani, situé dans le sud-est de la capitale nigérienne. Les premiers incidents ont commencé peu après minuit, plongeant la zone dans un climat d’incertitude et de tension.

Les autorités n’ont pas encore communiqué probablement sur l’identité des assaillants ni sur un éventuel bilan. Cependant, la localisation de l’attaque est élevée. Le secteur abrite en effet la base aérienne 101 de l’armée nigérienne, une installation de drones, le quartier général de la Force unifiée anti-djihadiste (regroupant le Niger, le Mali et le Burkina Faso) et, selon plusieurs sources, un important stock d’uranium en attente d’exportation.

La défense antiaérienne activée et la panique parmi les voyageurs
Les événements ont pris une dimension toute particulière avec l’activation visible des défenses aériennes. Des vidéos largement diffusées sur les réseaux sociaux ont montré des traînées lumineuses dans le ciel nocturne, caractéristiques du déploiement d’un système antiaérien. Cela laisse penser que les assaillants auraient pu utiliser des drones pour mener leur action. La soudaineté et l’intensité des explosions ont provoqué la panique sur place. Des passagers présents dans le terminal de l’aéroport ont été vus se précipitant pour se mettre à l’abri ou fuyant à pied les lieux. Le trafic aérien a été immédiatement perturbé. Un vol commercial en provenance d’Alger et à destination de Niamey a dû être dérouté en urgence vers le Burkina Faso pour éviter tout risque. Le calme n’est revenu dans la zone qu’au bout d’environ une heure, laissant place à une confusion générale.

L’attaque de Niamey : que s’est-il passé ?
Le 29 janvier 2026, aux environs de 00 h, les premières détonations rétentissent au niveau de la base 101 de Niamey. Cette fois-ci, ce ne sont pas des bouteilles de gaz, c’est une attaque terroriste d’envergure et coordonnée en plein cœur de la capitale nigérienne, probablement par le JNIM au vu du mode opératoire, avec néanmoins un appui logistique de l’EIGS, une première, surtout au vu de la rivalité entre les deux groupes au Mali et au Burkina. Les dégâts sont énormes : plusieurs drones, dont le drone Aksungur, acquis récemment, ont été mis hors service ; les avions Dornier et Cesna ont été touchés ; le centre de commandement de la force unifiée, lui, a été pratiquement détruit. Côté aéroport civil, quatre avions, dont un avion de la ligne ASKY, étaient sur le tarmac et ont été également touchés. Le drame a été évité de justesse : en effet, parmi les camions transportant l’uranium restant à la base 101 de Niamey, 2 têtes ont été touchées sans que leur cargaison ne soit atteinte. Niamey a frôlé le pire ! Côté humain, le bilan est tout aussi dramatique : plusieurs morts sont signalés, en témoignent les va-et-vient incessants des ambulances depuis hier nuit. Des assaillants ont également été neutralisés, d’autres arrêtés et actuellement à la DGDSE. Cette attaque en plein Niamey, qui a pratiquement détruit toute la flotte aérienne de l’armée de l’air, doit nous interpeller tous autant que nous sommes quant à la direction à prendre.

Un scénario qui rappelle l’attaque de Bamako en 2024
Cette attaque évoque immanquablement un précédent récent dans la région. Quelques jours avant les événements de Niamey, un commentaire sur les réseaux sociaux d’une personnalité évoquait des craintes concernant la présence de commandos du JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans) près de l’aéroport. Cette hypothèse trouve un écho dans l’attaque spectaculaire provoquée par ce même groupe à Bamako en septembre 2024. À cette date, la capitale malienne avait en effet été le théâtre d’une offensive complexe. Des assaillants avaient alors tenté d’infiltrer l’école de gendarmerie, située à proximité immédiate de l’aéroport, en utilisant notamment des lance-roquettes. L’attaque, revendiquée par le JNIM, avait provoqué d’importants dégâts matériels et humains selon le groupe djihadiste, et s’était soldée par l’arrestation d’une vingtaine d’hommes par les forces maliennes. Les combats s’étaient même prolongés près du terminal civil de l’ aéroport de Sénou .

La question sensible du stock d’uranium
Un élément central ajoute à la gravité de la situation à Niamey : la présence présumée sur la base aérienne 101 d’un stock conséquent d’uranium, sous forme de concentré (« Yellow Cake ») en provenance des mines d’Arlit. Ce minéral, d’un poids estimé à 1 000 tonnes, était initialement destiné à l’exportation par voie terrestre. Des observations récentes basées sur des images satellites ont noté une activité inhabituelle autour de cette cargaison. La présence d’avions cargo lourds de type IL-76 a fait naître l’hypothèse d’un possible transfert aérien. Un de ces appareils a d’ailleurs quitté Niamey pour Benghazi, en Libye, mi-janvier. Parallèlement, un avion-cargo russe Antonov AN-124 a effectué plusieurs allers-retours entre la Russie et Benghazi via la Syrie depuis le début de l’année, pouvant éventuellement servir à un pont aérien.

Quelques jours avant les événements de Niamey, un commentaire sur les réseaux sociaux d’une personnalité évoquait des craintes concernant la présence de commandos du JNIM
Évacuer une telle quantité par les airs représenterait une opération logistique majeure, coûteuse et longue, nécessitant des dizaines de rotations. Ce scénario pourrait être envisagé par les autorités nigérianes, en recherche de liquidités, et par la Russie, peu regardante sur les contentieux juridiques entourant cette affaire. Le jeudi 29 Janvier matin, la situation à Niamey reste difficile à décrypter. Des sources locales font état de mouvements militaires et même d’arrestations dans la capitale, mais ces informations demandent à être confirmées. Les autorités nigérianes, quant à elles, n’ont pas encore fourni de version officielle détaillée des événements. L’attaque montre la vulnérabilité des infrastructures critiques au Sahel, malgré les efforts militaires. Elle intervient dans un contexte régional déjà très tendu, où les groupes jihadistes démontrent une capacité à frapper des cibles de haute valeur symbolique et stratégique au cœur même des capitales.

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