
En 2025, l’enfant prodige de Ntungamo détient le flambeau des africains au règne le plus long. Né en 1944 dans le sud-ouest de l’Ouganda, Yoweri Museveni a pris le pouvoir après une guerre de guérilla qui a renversé le régime de Milton Obote. En janvier 1986, ses forces entrent à Kampala, mettant fin à plusieurs années d’instabilité. Depuis, il dirige le pays, cumulant près de quarante années à la tête de l’État.
Huit quinquennats de règne
Issu de l’ethnie Banyankole, Museveni a fait ses études en Tanzanie, où il s’est rapproché de mouvements révolutionnaires africains et a nourri des convictions panafricaines. Après avoir participé à la chute du dictateur Idi Amin en 1979, il fonde l’Armée de résistance nationale (NRA) et le Mouvement de résistance nationale (NRM), qui le porteront au pouvoir.
Au début de son mandat, Museveni a œuvré pour stabiliser un pays dévasté par la guerre. Il a mis en place des politiques de croissance économique, de lutte contre la pauvreté et de santé publique, notamment dans la lutte contre le VIH/Sida. Son gouvernement a aussi encouragé une meilleure représentation des femmes au Parlement.
Sur la scène régionale, Museveni s’est imposé comme un acteur clé, soutenant des alliés comme Paul Kagame au Rwanda et participant aux conflits en République démocratique du Congo. Avec le temps, le président ougandais a concentré les pouvoirs et fait évoluer la Constitution pour lever les limites de mandats et d’âge, lui ouvrant la voie à une longévité politique rare sur le continent. Ses élections successives, souvent entachées d’accusations de fraudes et de répression, témoignent d’un climat politique très sombre.
Une opposition toujours présente, un scrutin à venir
Le Mouvement de Résistance Nationale a confirmé que Museveni retirera les formulaires de candidature le 28 juin pour concourir à la présidentielle prévue en janvier 2026. Son principal adversaire reste Bobi Wine, chanteur devenu homme politique, arrivé deuxième en 2021 et qui a déjà annoncé sa candidature. Bobi Wine conteste les résultats du scrutin précédent, dénonçant des irrégularités et des pressions exercées par les forces de sécurité.
De leur côté, les défenseurs des droits humains pointent du doigt une gouvernance marquée par le clientélisme et l’usage de la force pour maintenir l’ordre. Museveni, lui, affirme que son long règne s’explique par un soutien populaire réel, et justifie ses actions par la nécessité de préserver la stabilité et la paix dans un pays longtemps fragilisé.
Au fil des années, Yorewi Museveni a aussi adopté une posture religieuse, devenant pentecôtiste et intervenant régulièrement dans les églises évangéliques de Kampala. Cette dimension personnelle s’ajoute à son profil politique, façonnant une image complexe d’un homme à la fois fin stratège, très autoritaire et profondément ancré dans la société ougandaise.
Au premier trimestre de l’année 2026, l’Ouganda tiendra une nouvelle élection présidentielle. Figé sur le désir de changement porté par une opposition dynamique et la continuité incarnée par un président dont la longévité interroge, les Ougandais départageront les différents aux urnes. Sur le coup, la candidature de Yoweri Museveni pour un nouveau mandat pourrait permettre de prolonger une trajectoire politique exceptionnelle, qui façonnera l’histoire récente de l’Ouganda et les attentes au sein de la population.


