05022026Headline:

Oumar Mariko et des militaires radiés, complices des attaques au Mali

Au Mali, le procureur militaire pointe des complicités politiques et internes après les attaques d’avril. La justice militaire dévoile un réseau incluant Oumar Mariko, tout un faisceau d’indices qui bouscule la hiérarchie des soupçons. Les attaques du 25 avril 2026 continuent d’accuser de trahison au sein des cercles décisionnels du pouvoir malien.

Ce jour-là, plusieurs positions des Forces armées et de sécurité étaient visées, y compris dans la capitale Bamako, à Kati, et jusqu’au domicile même du ministre de la Défense et des Anciens combattants. Une rare violence adressée au sommet de l’État. L’enquête ouverte par le parquet militaire de Bamako a livré ses premiers enseignements. Dans un communiqué daté du 1er mai 2026, le procureur de la République près le tribunal militaire livre une série d’éléments qui changent la nature de l’affaire. Ce ne sont pas seulement des terroristes du Front de libération de l’Azawad (FLA) ou du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) qui sont en cause. Derrière les combattants, se dessine une toile de complicités internes. Selon les investigations, plusieurs militaires (actifs, radiés ou en instance de radiation) auraient participé à la planification, à la coordination et à l’exécution des assauts. Un mort, le nommé Alassane Diallo dit Abedi, militaire radié, a été identifié parmi les combattants tombés à Kati. Mais la révélation la plus délicate pour la vie politique malienne concerne l’implication notoire, selon le procureur, d’une figure bien connue des arènes nationales notamment le docteur Oumar Mariko.

Oumar Mariko, une implication notoire
L’évocation du nom d’Oumar Mariko dans un communiqué judiciaire remonte à sa dernière sortie aux côtés des groupes armés terroristes (GAT). Ancien député, figure historique de la gauche radicale malienne, plusieurs fois candidat à l’élection présidentielle, l’homme a toujours cultivé une posture de contestation du pouvoir en place. Le voici désormais cité comme personnalité politique impliquée, le terme « complicité » utilisé par le procureur étant juridiquement lourd de sens. Le communiqué ne fournit pas de détails sur la nature exacte de cette implication. Les enquêteurs évoquent un « faisceau d’éléments solides », formule qui laisse entendre que des recoupements ont été opérés sans pour autant que l’instruction soit close. Le procureur précise d’ailleurs que les premières interpellations ont eu lieu avec succès, et que tous les autres auteurs, coauteurs et complices sont activement recherchés.

Les noms cités, sergent Diakaridia Sodio, adjudant Moussa Diane, adjudant-chef Mamadou Keita (tous trois en activité), ainsi que Soïba Diarra (à la retraite) devront être entendus, jugés le cas échéant.
Sur le fond, cette affaire signale l’infiltration des appareils militaire et politique par des éléments hostiles à la transition, voire en lien direct avec les groupes armés. Alors que la junte dirigée par le général Assimi Goïta mise sur l’unité des forces de défense pour poursuivre la guerre contre le terrorisme, ces révélations tombent à un moment hautement sensible. Le parquet militaire, par la voix du substitut signataire, tient à rassurer. L’enquête sera menée « dans le strict respect de la réglementation en vigueur », et les évolutions seront progressivement portées à la connaissance de l’opinion. Le procureur salue au passage le professionnalisme des unités d’enquête et des services de sécurité. C’est bien la fiabilité de la chaîne pénale militaire qui se trouve exposée.

 

Les noms cités, sergent Diakaridia Sodio, adjudant Moussa Diane, adjudant-chef Mamadou Keita (tous trois en activité), ainsi que Soïba Diarra (à la retraite) devront être entendus, jugés le cas échéant. Leur appartenance à l’institution pose une question délicate : jusqu’où s’étend la contagion ? Pour l’heure, la communication officielle veut rester mesurée. Dans un pays où les tentatives de déstabilisation se succèdent, où l’ennemi jihadiste progresse parfois à l’intérieur même des lignes, cette enquête pourrait devenir un test de crédibilité pour la justice militaire. Il est à noter que derrière les noms et les grades, se profile une tentative de renversement de l’ordre établi ? Ou bien des actions isolées, coordonnées mais sans lendemain ?

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