04292026Headline:

Rapport de Human Rights sur le Burkina : Ouagadougou purifie son image et qualifie les déclarations

Le gouvernement burkinabè s’inscrit en faux suite aux déclarations contenues dans un rapport de Human Rights Watch (HRW) couvrant la période 2023-2025. Dans un communiqué, Ouagadougou dénoncent un « faux rapport », un « torchon » et un « tissu de conjectures ». L’exécutif affirme avoir pris connaissance de ce document par voie de presse, sans avoir été sollicité au préalable.

Selon le gouvernement burkinabé, cette publication n’a rien d’une surprise. Human Rights Watch, qui ne dispose ni bureau ni représentation officielle au Burkina Faso, serait régulièrement alimentée par des « individus choisis, recevant des subsides », lesquels fourniraient en retour des récits éloignés des réalités du terrain. Selon Ouagadougou, l’ONG servirait de caisse de résonance à des allégations infondées, dans le but de nuire à l’image des forces de défense et de sécurité burkinabè.

Une rapport perçu comme une provocation
Derrière cette dénonciation, affleure une analyse plus politique. Le gouvernement voit dans ce rapport une manœuvre des « forces néocoloniales et impérialistes », présentées comme les sponsors du terrorisme au Sahel. Selon cette lecture, l’objectif serait de diaboliser les patriotes et les soldats burkinabè en leur imputant des crimes qu’ils ne commettent pas, alors même que les véritables responsables des massacres, viols et pillages seraient les mercenaires envoyés en appui aux groupes armés terroristes. Le gouvernement assure conserver toute sa sérénité face à ce qu’il qualifie de « gesticulations ». Pour lui, ces attaques témoigneraient avant tout du désarroi des réseaux néocoloniaux, déstabilisés par la dynamique souverainiste engagée par le peuple burkinabè. L’exécutif rappelle que les forces combattantes du pays se sont toujours comportées avec professionnalisme, plaçant la préservation de la vie et la protection des populations vulnérables au cœur de leur engagement. « Nos intrépides combattants se sont toujours battus avec professionnalisme », insiste le communiqué, qui réaffirme que la lutte contre le terrorisme est conduite dans le strict respect des lois nationales et des engagements internationaux du Burkina Faso en matière de droits humains. Une manière de répondre par avance aux critiques qui pourraient émaner de la communauté internationale. Le gouvernement ajoute que ce rapport d’HRW constitue une tentative de « fragiliser les efforts du digne peuple burkinabè » dans sa guerre contre la nébuleuse terroriste. Il dénonce une instrumentalisation de la cause des droits humains à des fins politiques, procédé classique selon lui des officines impérialistes déguisées en organisations de défense des libertés.

Le rapport d’HRW ne serait qu’une arme supplémentaire dans la guerre asymétrique que mènent les puissances hostiles au Burkina Faso.

Le gouvernement burkinabè prévient qu’il se réserve le droit de prendre « des mesures fermes qui siéent » à l’encontre de toutes les structures qui nourriraient un dessein funeste contre la souveraineté nationale. La formule, volontairement vague, laisse entendre que des actions concrètes pourraient être engagées, sans que leur nature soit précisée pour l’heure. L’exécutif réaffirme que la lutte contre le terrorisme demeure une priorité nationale absolue, quels que soient les moyens déployés par l’adversaire : violence armée ou « crimes de papier ». Cette expression, reprise dans le communiqué, résume la position officielle : le rapport d’HRW ne serait qu’une arme supplémentaire dans la guerre asymétrique que mènent les puissances hostiles au Burkina Faso. Le gouvernement réitère sa détermination à poursuivre « la marche pour bâtir un avenir de dignité et de liberté », conformément aux aspirations légitimes du peuple burkinabè. Aucune concession ne sera faite, ni sur le terrain sécuritaire, ni sur le plan de la communication internationale. Ce n’est pas la première fois que Human Rights Watch se trouve au cœur d’une polémique avec un État africain. L’ONG, régulièrement critiquée pour ses méthodologies et ses sources, a déjà essuyé des accusations similaires dans plusieurs pays du continent.

Human Rights Watch (HRW) est une organisation non gouvernementale internationale fondée en 1978, reconnue pour son engagement dans la défense des droits humains à travers le monde. Présente dans près de 100 pays, elle mène des enquêtes approfondies sur les violations des droits fondamentaux et publie chaque année plus d’une centaine de rapports, réputés pour leur rigueur et leur impartialité. À l’origine, l’organisation portait le nom de « Helsinki Watch » et surveillait le respect des accords d’Helsinki, avant d’élargir progressivement son champ d’action à l’échelle mondiale. HRW s’intéresse à de nombreux domaines, notamment les crimes de guerre, la torture, la peine de mort, ainsi que la protection des libertés individuelles. Elle accorde également une attention particulière aux droits des groupes vulnérables, tels que les réfugiés, les femmes, les enfants et les minorités. Grâce à ses recherches, l’ONG exerce un plaidoyer actif auprès des gouvernements, des entreprises et des organisations internationales, dont les Nations unies, afin d’influencer les politiques publiques. Financée principalement par des dons privés, elle veille à préserver son indépendance. Son rapport annuel constitue aujourd’hui une référence mondiale sur l’état des droits humains.

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