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Sénégal: Le bilan de la première année du Pacte National de Stabilité Sociale pour une croissance inclusive et durable (PNSS-CID)

À l’occasion du 1er mai 2026, le gouvernement sénégalais a rendu public le bilan annuel du Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable (PNSS-CID), signé il y a un an entre l’État, le patronat et les centrales syndicales. Si des avancées notables sont enregistrées sur plusieurs fronts, la trêve sociale reste un objectif non atteint, avec des grèves persistantes dans les secteurs de l’éducation et de la santé.

Un an après sa signature le 1er mai 2025 à la Primature sous l’égide du Premier ministre Ousmane Sonko, le Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable (PNSS-CID) affiche des résultats contrastés. Conclu pour une durée de trois ans entre le gouvernement, vingt-quatre centrales syndicales et quatre organisations patronales, il visait à substituer durablement la culture du partenariat à celle de la confrontation.

Des réformes juridiques et sociales engagées

Concernant le cadre juridique, le bilan fait état de la création d’un cadre légal de protection des travailleurs domestiques, une première au Sénégal, ainsi que de la ratification de plusieurs conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT). La généralisation de l’indemnité représentative de logement à l’ensemble des agents de la fonction publique depuis janvier 2026 représente un impact financier de plus de 16 milliards de francs CFA.

Dans le secteur de l’éducation, 2 000 enseignants ont été recrutés en 2025, avec une autorisation de 2 527 postes supplémentaires en 2026. L’enseignement supérieur bénéficie quant à lui du recrutement de 500 enseignants-chercheurs. Dans la santé, 2 500 recrutements sont programmés pour 2026, et les techniciens supérieurs de santé ont été reclassés dans la hiérarchie A2 par décret.

Relance économique et emploi

Sur le front économique, le gouvernement a mobilisé 500 milliards de francs CFA dans le cadre de la première loi de finances rectificative 2025 et 300 milliards dans la loi de finances initiale 2026 pour l’apurement de la dette intérieure. La convention nationale État-employeurs privés « And Yombal Xëy », signée le 23 avril 2026, vise à renforcer l’insertion professionnelle des jeunes à travers des dispositifs de stages et d’apprentissage.

Des contentieux liés aux licenciements dans les entités publiques et parapubliques ont été partiellement traités : au Port autonome de Dakar, 40 travailleurs sur 166 concernés ont été réintégrés ; à Dakar Dem Dikk, 9 travailleurs réintégrés et 241 prestataires recrutés en CDI.

La trêve sociale, objectif non atteint

Le document reconnaît toutefois que « l’apaisement du climat social demeure partiel ». Les syndicats d’enseignants regroupés au sein du G7 ont mis en œuvre six plans d’action avec des mots d’ordre de grève entre novembre 2025 et mars 2026, avant qu’un accord ne soit finalement signé le 16 avril 2026.

Dans la santé, l’ASAS And Gueusseum a décrété plusieurs plans d’action, dont un neuvième lancé début avril 2026 prévoyant des grèves perlées de 72 heures tous les quinze jours.

L’intersyndicale du secteur primaire a pour sa part observé des grèves sur tous les jours ouvrables entre décembre 2025 et fin janvier 2026.

Recommandations pour la deuxième année

Pour accélérer la mise en œuvre, le comité de pilotage, réuni le 17 mars 2026, a formulé plusieurs recommandations : finaliser les projets de Code du travail et de Code de la sécurité sociale, achever l’audit biométrique de la fonction publique, généraliser les comités de dialogue social dans les ministères et les structures publiques, et mobiliser les ressources budgétaires nécessaires à la pleine exécution des engagements.

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