05212022Headline:

Soudan: famille et avocats de «Tupac» dénoncent une instrumentalisation

Au Soudan, habituellement, ce sont plutôt les jeunes qui sont en première ligne des manifestations contre le coup d’Etat mais hier, samedi 26 février, c’était au tour de milliers de pères, de mères et de grands-parents de prendre les devants. Lors d’une énième marche contre le pouvoir militaire ils ont voulu rappeler que le mouvement de contestation est inter-générationnel.

Le slogan de cette marche, à l’adresse de leurs enfants, c’était: « Vous n’êtes pas seuls, on est avec vous » face à la répression. Quatre-vingt-trois personnes ont été tuées par les forces de l’ordre, depuis le 25 octobre. Plus de la moitié d’entre elles ont entre 18 et 25 ans.

Dans les cortèges, on retrouvait de nombreuses familles de ces « martyrs de la révolution » mais aussi celle du jeune Mohammed Adam alias Tupac. Ce jeune homme de 17 ans est accusé d’être impliqué dans l’assassinat d’un haut gradé de la police au mois janvier. Ses parents clament son innocence.

Au milieu des mères de famille, Nidal tient contre sa poitrine le portrait de son fils « Tupac ». Après des semaines, plongée dans l’inconnu, elle a fini par être autorisée à lui rendre visite. « Ils l’ont torturé. Je l’ai retrouvé avec une jambe fracturée et des clous ont été plantés dans sa chair. Il était attaché. Il a été pendu par les pieds. Ils lui ont fait avouer des choses qu’il n’a jamais faites. Ils lui ont soutiré des aveux sous la menace. Je demande aux autorités de lui permettre de voir un médecin qui puisse attester des actes de torture qu’il a subis. Ils ont détruit son futur », implore-t-elle.

Le jeune de 17 ans est incarcéré à la prison de Kober, celle-là même où croupit Omar al-Bachir. «Tupac» a été arrêté le 15 janvier par les services de renseignements. Il encourt la peine de mort. Son avocate, Maître Iman Hassan, dénonce une affaire montée de toute pièce.

« Au moment des faits, Tupac était à l’hôpital al-Jawda. Blessé à la jambe, il a été pris en charge avant la plupart des manifestants. Il était environ une heure et quelque, ce n’est juste pas possible, d’être sur un lit d’hôpital et de tuer quelqu’un. Ce qui se passe c’est qu’ils fabriquent des accusations et font porter le chapeau aux révolutionnaires. Leur but ? Ils veulent dire au monde entier que les gens dans la rue ne sont pas pacifiques. Ils veulent tuer notre révolution pacifique en la diabolisant », s’insurge Maître Iman Hassan.

Cette semaine, ls proches de Tupac ont rencontré l’émissaire de l’ONU pour les droits de l’homme, Adama Dieng, en visite au Soudan. Son avocate dénonce l’état d’urgence toujours en vigueur et un État hors la loi où règne l’arbitraire.

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