05062026Headline:

Tchad (CET) dénonce la « dégradation brutale » de la situation sécuritaire et politique du pays

Dans une déclaration solennelle rendue publique depuis Doba, la Conférence des Évêques du Tchad a dénoncé avec fermeté les violences intercommunautaires et le terrorisme, tout en exprimant sa vive préoccupation face à ce qu’elle considère comme une dérive de la situation démocratique dans le pays.

C’est depuis Doba, siège épiscopal du président de la Conférence des Évêques du Tchad, que s’est élevée la prise de position forte et unifiée de l’Église catholique tchadienne, contre les violences et dérives démocratiques. Le 6 mai 2026, les évêques ont en effet publié une déclaration commune portant sur la conjoncture nationale, marquée à la fois par la tragédie terroriste dans la région du lac Tchad, les affrontements intercommunautaires et une situation politique jugée inquiétante.

S’appuyant sur la parole de l’apôtre Paul — « Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais sois vainqueur du mal par le bien » (Rm 12, 21) — les prélats adressent aux Tchadiens un message mêlant compassion, condamnation des violences et appel à l’espérance.

« Nous condamnons fermement ces tueries, car la vie humaine est sacrée et nul n’a le droit d’y mettre fin », ont-ils affirmé avec insistance.

Les évêques disent partager la douleur du pays face à plusieurs drames simultanés : les affrontements intercommunautaires meurtriers à Dar Tama, dans le Wadi Fira, et dans la province du Guéra, ainsi que l’attaque terroriste attribuée à Boko Haram contre la base militaire de Barka Tolorom, dans la province du lac Tchad, survenue dans la nuit du 4 au 5 mai et ayant coûté la vie à de nombreux soldats tchadiens.

Au-delà des violences, la déclaration s’inquiète également de la situation politique, qualifiée de « dégradation brutale ». Les évêques dénoncent notamment une récente série d’arrestations visant des opposants et des voix critiques, estimant qu’elles portent atteinte aux principes démocratiques, fragilisent la cohésion sociale et compromettent le vivre-ensemble.

« La diversité est une richesse plutôt qu’un obstacle à la construction d’une unité nationale solide », rappelle l’épiscopat.

Réaffirmant leur conviction que le dialogue demeure la seule voie de sortie de crise, les évêques exhortent les autorités à faire preuve de sagesse et de retenue, et à promouvoir un climat de confiance propice à la réconciliation nationale. Ils soulignent enfin que le respect du pluralisme culturel, politique et religieux constitue une condition indispensable à l’édification d’un véritable État de droit.

La déclaration est signée par Mgr Martin Wangué Bani, évêque de Doba et président de la Conférence des Évêques du Tchad, au nom de l’ensemble de l’épiscopat tchadien.

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