
Cette prise de position traduit la volonté expresse de la défense Etatsunienne de continuer et raffermir sa politique militaire avec l’Etat Nigérian contre Boko Haram, organisation terroriste en activité depuis novembre 2013. Washington va permettre de geler les actifs, entraver son financement et restreindre les déplacements de ses membres.
Contrôle renforcé de l’aide américaine
Face aux critiques récurrentes sur la gestion des fonds internationaux, Washington avait mis en place des « systèmes complets de suivi et d’évaluation » pour garantir que l’aide parvienne aux destinataires légitimes. Cette mesure survient après la décision du président Donald Trump de suspendre toute aide étrangère pendant 90 jours à partir du 20 janvier 2025, citant des risques de « déstabilisation mondiale ».
Dans cette foulée, plusieurs éléments entrent en ligne de compte, notamment : -le congressman américain, Scott Perry, a accusé l’USAID de financer indirectement Boko Haram via des fonds annuels de 697 millions de dollars. -Elon Musk, chargé de la réforme gouvernementale, a qualifié l’USAID de « nid de vipères marxistes ».
Le gouvernement nigérian et des acteurs locaux réagissent avec méfiance. Le sénateur Ali Ndume a exigé une enquête sur les allégations de financement terroriste par l’USAID, appelant le Nigéria à « réduire sa dépendance à l’aide étrangère ». Parallèlement, le chef d’Etat-major de la Défense, le général Christopher Musa, a pointé une « conspiration internationale » derrière la résilience de Boko Haram, demandant à l’ONU de retracer les flux financiers suspects. « Comment des terroristes survivent-ils depuis 15 ans sans soutien extérieur ? », interroge Musa, évoquant la reddition de 120 000 membres de Boko Haram porteurs de devises étrangères.
Boko Haram en crise
Malgré des dépenses de sécurité atteignant des milliers de milliards de nairas, les attaques terroristes persistent. En janvier 2025, des raids dans l’État de Borno ont ciblé des bases militaires et des villages, faisant des dizaines de morts. Amnesty International dénonce des exécutions massives, comme l’homicide de 40 agriculteurs à Dumba, qualifiant ces actes de « crimes de guerre ».
Les limites de la stratégie : -La priorité donnée aux solutions militaires est critiquée par les experts, qui prônent une approche socio-économique. -Le ministre de la Défense nigérian déplore un manque criant d’équipements : « 20 véhicules blindés pour tout le pays, que peuvent-ils faire ? ».
Les ONG, notamment USAID, sont sous pression. Les anciens de Borno réclament leur départ, accusant certaines organisations de « activités sinistres ». Pourtant, Washington assure collaborer étroitement avec le Nigéria et ses partenaires régionaux pour une « approche coordonnée » contre le terrorisme. Si Washington renforce son engagement contre Boko Haram, les polémiques sur l’aide internationale et les failles sécuritaires nigérianes persistent. Comme le résume un analyste : « Sans transparence et sans réponse aux racines de l’extrémisme, le cycle de violence ne s’arrêtera pas ».


