05012026Headline:

Une vaste opération de contrebande pétrolière est en cours dans l’Est de la Libye

Un rapport d’experts de l’ONU met en cause des réseaux liés à Saddam Haftar dans des circuits financiers et pétroliers parallèles.
Un projet de rapport du Groupe d’experts du Conseil de sécurité des Nations Unies, relayé par plusieurs médias libyens, pointe l’implication présumée de Saddam Haftar, fils du maréchal Khalifa Haftar, dans des opérations de contrebande de pétrole et de carburant dans l’est de la Libye. Le document évoque l’existence de circuits financiers échappant au contrôle des institutions officielles, au bénéfice d’intérêts militaires locaux, dans un contexte de fragmentation persistante du secteur énergétique libyen.

Selon les éléments du rapport, la société Arkenu, créée en 2023, aurait exporté environ 7,6 millions de barils de pétrole entre mai et décembre 2024. La valeur de ces exportations est estimée à près de 600 millions de dollars (environ 552 millions d’euros), calculée sur la base des prix moyens mensuels du Brent. Une partie de ces revenus aurait échappé aux circuits de la Banque centrale de Libye, soulevant des préoccupations sur la traçabilité des flux financiers liés aux hydrocarbures.

Ces révélations s’inscrivent dans une dynamique plus large marquée par l’expansion des activités de contrebande de carburant à partir du port de Benghazi vers d’autres installations de l’est du pays. Le rapport fait état du développement d’infrastructures dédiées à ces activités, notamment à Benghazi et à Ras Lanouf, consolidant des réseaux parallèles dans une région stratégique pour les exportations énergétiques.

Dans le prolongement de cette structuration, le port de Tobrouk est décrit comme une plateforme majeure du commerce illicite de carburant. Le document mentionne également un réseau criminel dirigé par Moein Sharif Al-Deen, présenté comme organisant un système intégré combinant contrebande et mécanismes d’évitement judiciaire, renforçant l’ancrage de ces circuits dans l’économie locale.

Par ailleurs, le rapport évoque le rôle de Farhat Bengdara dans des montages financiers liés à la gestion des revenus pétroliers hors contrôle institutionnel. Il lui est notamment attribué un rôle dans le transfert de 300 millions de dollars (environ 276 millions d’euros) en 2019 pour soutenir l’offensive militaire de Khalifa Haftar sur Tripoli, ainsi que dans l’orientation de contrats pétroliers vers des entités liées à certains acteurs influents.

L’ensemble de ces éléments met en lumière une imbrication persistante entre réseaux économiques, acteurs militaires et structures politiques dans l’est libyen. Le rapport souligne que le budget de la National Oil Corporation aurait été utilisé comme vecteur de financement indirect de groupes armés, ce qui fragilise l’indépendance de l’institution et alimente les divisions au sein du secteur pétrolier, pilier central de l’économie du pays.

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