Le maréchal des logis-chef Franck Angenor Ibo, en service à la Cellule antidrogue d’Odienné, a reçu le Prix national d’excellence 2026. Il a été distingué dans la catégorie « lutte contre la corruption ». Une récompense qui est le résultat d’un acte d’intégrité peu commun. Le gendarme a refusé une forte somme d’argent proposée en échange de la libération d’une saisie de 110 kg d’or, d’une valeur estimée à plusieurs milliards FCFA.
C’est une histoire qui aurait pu se terminer très différemment.
Le 13 juillet 2025, au poste frontalier de Gbéléban, dans la région du Kabadougou, le maréchal des logis-chef Franck Angenor Ibo et ses collègues de la Cellule antidrogue d’Odienné interceptent, au terme d’une intervention musclée, une cargaison hors normes.Heure et calendriers
Il s’agit de 110 kilogrammes d’or, dont la valeur marchande est évaluée à environ 7 milliards FCFA.
Une saisie exceptionnelle, tant par son ampleur que par les enjeux financiers qu’elle représente.
Face à l’ampleur du butin, les mis en cause tentent alors le tout pour le tout. Ils proposent aux gendarmes une forte somme d’argent pour qu’ils ferment les yeux et laissent filer la marchandise.
Une offre de corruption à la mesure de la saisie, destinée à faire disparaître purement et simplement le dossier.
Mais le sous-officier reste inflexible. Il refuse la proposition et procède, avec son équipe, à la restitution intégrale de l’or à sa hiérarchie, dans le strict respect de la procédure judiciaire.
Ce geste, en apparence simple sur le papier, prend une tout autre dimension lorsqu’on le replace dans son contexte.
Une reconnaissance de l’Etat en récompense
Celui d’une somme colossale, capable de faire basculer une vie, proposée en toute discrétion à un homme en uniforme, loin des regards.
En Côte d’Ivoire comme ailleurs, la lutte contre la corruption se heurte trop souvent au silence et à la résignation.
En choisissant de dénoncer la tentative et de remettre l’intégralité de la saisie aux autorités compétentes, ce gendarme a posé un acte qui dépasse le simple cadre professionnel.
C’est un exemple de rectitude dans l’exercice de la fonction publique. C’est précisément cette conduite exemplaire qui a valu au gendarme d’être distingué.
Un an plus tard, il a reçu le Prix national d’excellence 2026, dans sa catégorie consacrée à la lutte contre la corruption.
Une reconnaissance officielle qui met en lumière un métier souvent associé aux risques et aux tentations, mais aussi à des hommes et des femmes qui choisissent, au quotidien, de servir l’État plutôt que leurs intérêts personnels.



