
« Au total, cette installation nous a coûté environ 800 000 dollars. C’est une somme conséquente, mais c’est le prix à payer pour avoir une autonomie d’énergie, mais aussi le prix pour décarboner notre industrie », ajoute-t-il.
RT Knits n’arrête pas non plus d’affiner son processus de production afin de réduire ses émissions de carbone. L’usine affirme qu’en 3 ans, elle a abaissé de 50% le CO2 produit pour chaque dollar de valeur créé. Son plan désormais est d’atteindre 100% d’énergies renouvelables en 2026 et la neutralité carbone d’ici à 2040.
Dans la même zone industrielle, un des plus gros exportateurs du pays, le groupe Firemount, fort de 3 500 ouvriers, projette de se doter d’une ferme photovoltaïque hors-site. « On va avoir besoin de 30 hectares pour une ferme de 30 mégawatts. Ça va nous couter 1 million de dollars par mégawatt, donc on parle de 30 millions de dollars », selon le directeur financier, Ashwin Ramparsad. Firemount espère pouvoir vendre aussi de l’énergie au fournisseur électrique national et amortir ses investissements en moins de 10 ans.
« Gagnant-gagnant »
Un des principaux moteurs de l’économie, le secteur manufacturier représente 13% du PIB de Maurice. Il est aussi un des plus gros consommateurs en énergie, avec près d’un tiers de la consommation de l’île. Ce plan de décarbonation soulagera non seulement la facture énergétique des opérateurs, mais allégera aussi le fardeau du distributeur électrique national. Selon Lilowtee Rujmun, Directrice de la MEXA, association qui regroupe les usines exportatrices de Maurice, ce plan est « gagnant-gagnant ».
Pour l’industrie, en termes de coût, il y aura une pérennité sur le futur. Et l’économie mauricienne va aussi en bénéficier car le pays achètera moins (…) et va faire des économies en termes de taux de change.


