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En Côte d’Ivoire: L’américain Murphy dit avoir trouvé du pétrole offshore mais “pas assez” pour produire

Alors que la Côte d’Ivoire confirme son statut de puissance pétrolière émergente, Murphy Oil annonce avoir rencontré du pétrole offshore… mais en volumes jugés « non commerciaux », refroidissant les marchés.

En Côte d’Ivoire, l’exploration pétrolière continue d’avancer, parfois à petits pas, parfois à contre-courant de l’enthousiasme ambiant. La compagnie américaine Murphy Oil Corporation a annoncé, le 20 janvier 2026, les résultats de son premier puits d’exploration offshore dans le pays. Le puits, baptisé Civette-1X, a bien rencontré des hydrocarbures. Mais selon l’opérateur, les volumes découverts ne permettraient pas, à ce stade, de lancer une production rentable. La nouvelle a ainsi fait chuter les actions de Murphy de 7%, à 31,49 dollars.

Foré dans le bloc offshore CI-502, au large des côtes ivoiriennes, Civette-1X a atteint une profondeur de 4 252 mètres, en eaux profondes. Sur le plan géologique, le signal est loin d’être négatif. Murphy, qui opère le bloc avec 90% de participation, aux côtés de la société nationale PETROCI Holding (10%), confirme l’existence d’un système pétrolier actif, ce qui signifie que les conditions nécessaires à la formation du pétrole sont bien réunies dans cette zone du bassin sédimentaire ivoirien, encore peu explorée il y a quelques années.

Du pétrole, mais pas encore exploitable
Pourquoi alors parler de découverte « non commerciale » ? Dans l’industrie pétrolière, la rentabilité ne dépend pas seulement de la présence d’hydrocarbures. Elle repose aussi sur les volumes récupérables, les coûts de forage et de développement, ainsi que sur le prix du baril sur les marchés internationaux. Murphy estime que, dans le cas de Civette-1X, l’équation économique n’est pas encore favorable.

Une prudence qui peut surprendre. Les forages en eaux profondes mobilisent des investissements lourds et s’appuient sur des données sismiques ciblées. Reconnaître la présence de pétrole tout en refermant provisoirement le dossier alimente donc les interrogations, d’autant plus que la Côte d’Ivoire vit une période de forte effervescence pétrolière.

Cette communication mesurée intervient en effet alors que le pays s’affirme comme une puissance pétrolière émergente en Afrique de l’Ouest. Le gisement Baleine, opéré par Eni, constitue désormais le pilier du secteur, avec des réserves estimées à 2,5 milliards de barils de pétrole et 3 300 milliards de pieds cubes de gaz. Entré en production en 2023, il devrait atteindre 150 000 barils par jour d’ici 2027.

À cela s’ajoute la découverte du gisement Calao, en mars 2024, qui renforce les ambitions nationales : porter la production pétrolière à 200 000 barils par jour et la capacité gazière à près de 430 millions de pieds cubes par jour, un enjeu clé pour la sécurité énergétique du pays et de la sous-région.

Une stratégie qui s’inscrit dans la durée
Malgré ce résultat jugé non commercial, Murphy Oil n’envisage pourtant pas de quitter les eaux ivoiriennes. Bien au contraire. La société pétrolière indépendante basée à Houston est opérateur de cinq blocs offshore, avec une participation majoritaire, aux côtés de PETROCI Holding, la société nationale.

Outre le CI-502, Murphy détient notamment le bloc CI-103, qui abrite la découverte historique Paon, ainsi que les blocs CI-102, CI-531 et CI-709. Des discussions sont également en cours pour l’acquisition d’un sixième permis, le CI-807.

Dans les mois à venir, l’entreprise prévoit de poursuivre ses travaux sur d’autres structures indépendantes, en particulier les prospects Caracal et Bubale, situés dans le bassin de Tano, devenu l’un des plus convoités de la sous-région.

 

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