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Aéroport Blaise Diagne de Diamniadio en crise : Un plan de redressement mis en place

Face à une situation financière catastrophique, l’Aéroport International Blaise Diagne SA (AIBD SA) se trouve dans la tourmente. À la demande de la direction générale, les syndicats légalement constitués de l’entreprise se sont réunis en conclave à Saly. Après trois jours de discussions intensives, le constat est sans appel : AIBD SA traverse une crise financière profonde qui menace sa viabilité et, par ricochet, l’économie nationale.
Selon Abdoulaye Dieye, directeur général d’AIBD SA, la situation ne peut plus continuer ainsi. « AIBD SA est en difficulté financière. Avec la fusion des ALS, la société comptait 275 agents et était stable financièrement. Mais entre 2022 et 2024, elle a vu son effectif gonfler avec 287 CDI, puis 219 CDI supplémentaires en deux phases. Résultat : une entreprise viable a été tirée vers le bas par des décisions irresponsables, inadaptées à ses besoins. À l’orée de l’alternance, AIBD SA comptait 938 agents », explique-t-il avec une amertume palpable. Ces ajouts successifs d’effectifs ont été décidés sans considération des ressources disponibles, transformant progressivement une structure autrefois stable en un véritable fardeau financier.

Un plan de redressement en cours
Ce surplus d’employés, ajouté aux dépenses de fonctionnement croissantes, a plongé AIBD SA dans une spirale de dettes et d’obligations qui met en péril la pérennité de l’entreprise. « C’est un véritable carnage, » déplore-t-il, soulignant le caractère dramatique des erreurs stratégiques qui ont conduit à cette situation critique. Le plan prévoit notamment la réduction des effectifs à 872 agents, une mesure jugée indispensable pour rétablir l’équilibre financier de la société.

« Mais cela ne suffit pas. Pour une société censée être autonome, actuellement sous perfusion de l’État – un État qui supporte déjà de lourdes charges dans un contexte économique et financier désastreux –, ces décisions peu inspirées ont transformé une structure viable en un problème. »
« Nous devons prendre le taureau par les cornes et apporter des solutions appliquées avec froideur, rigueur et responsabilité. Nous les apporterons, mais pas sans dialoguer avec les partenaires sociaux. Le président de la République nous a enjoints de collaborer avec eux, car, comme nous, ils visent à défendre l’outil de travail et les intérêts matériels et moraux des employés, une mission qui m’incombe également. »

La mobilisation des partenaires sociaux
Le conseil d’administration d’AIBD SA, en concertation avec les syndicats, met en place un comité ad hoc qui regroupera la direction générale, les partenaires sociaux et toute l’expertise nécessaire pour agir rapidement et efficacement. « Nous le ferons avec rigueur, conformément aux lois régissant le travail au Sénégal, et en parfaite intelligence avec les syndicats. Ensemble, il s’agit de rééquilibrer la société pour en faire un levier de développement », assure Abdoulaye Dieye, qui espère ainsi restaurer la confiance et redonner à AIBD SA sa viabilité financière.

Cheikh Wade, président de l’intersyndicale de la plateforme aéroportuaire, partage cet optimisme mitigé en soulignant l’importance de sauver l’outil de travail. « Il faut sauver l’outil de travail. Conscients de la gravité de la situation, les partenaires sociaux expriment leur disponibilité et leur engagement à accompagner le plan de sauvetage, de restructuration et de développement proposé par l’État, en cohérence avec le référentiel Sénégal 2050. Cependant, nous ne renonçons pas à notre rôle de force revendicative. Nous réaffirmons notre attachement à la pérennisation de l’entreprise et à la défense des intérêts matériels et moraux des travailleurs. »

La crise financière qui secoue AIBD SA ne concerne pas seulement l’entreprise, mais répercute également sur l’économie nationale. En effet, l’aéroport représente un outil stratégique pour le transport aérien et le développement touristique du Sénégal. Les pertes engendrées par une gestion inefficace et des effectifs surdimensionnés se traduisent par des coûts qui pèsent lourdement sur les finances publiques. Le gouvernement se trouve ainsi face à un dilemme : comment concilier la nécessité de soutenir une infrastructure vitale pour l’économie nationale avec l’obligation de redresser une entreprise en difficulté ?

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