
Parmi les anomalies les plus graves figure un détournement de recettes non reversées à la Paierie Générale du Trésor, en violation de l’article 52 de l’instruction ministérielle en vigueur. Un montant de 17 197 659 FCFA, encaissé par le Secrétaire Agent Comptable, n’a jamais été transféré, enfreignant ainsi les règles de transparence financière.
L’audit pointe également des paiements irréguliers de frais médicaux à hauteur de 1 961 124 FCFA, octroyés à six diplomates pourtant déjà couverts par une assurance. Cette dépense superflue a été validée par l’Ambassadeur et le comptable, en contradiction avec les engagements contractuels.
Autre fait préoccupant : 42 135 016 FCFA ont été alloués à l’ambassade pour des salaires, mais certains montants ne correspondent à aucun paiement réel. Cela soulève la possibilité de salaires fantômes. Malgré un remboursement partiel de 24 176 360 FCFA et 497 046 FCFA pour un salaire non justifié, un écart de 17 461 610 FCFA subsiste toujours.
Le rapport signale enfin la disparition de pièces justificatives, comme les quittanciers, en infraction avec le décret de 2018 sur la comptabilité publique. L’ambassadeur et le comptable, respectivement ordonnateur et responsable des fonds, sont pointés du doigt. Cette affaire relance le débat sur l’opacité financière dans les missions diplomatiques maliennes et l’urgence de réformer les mécanismes de contrôle.


