04232026Headline:

Aviation mondiale: Pourquoi l’engorgement des chaînes d’approvisionnement freine la croissance

L’industrie aérienne mondiale continue de subir les effets persistants des engorgements dans les chaînes d’approvisionnement de l’aérospatiale, une situation qui limite la disponibilité des aéronefs et ralentit la croissance du secteur, selon la dernière analyse de l’Association du transport aérien international (IATA).

Alors que les livraisons de nouveaux avions ont commencé à se rétablir fin 2025 et que la production devrait s’accélérer en 2026, la demande continue de dépasser l’offre. L’IATA prévoit que le retour à l’équilibre structurel entre besoins des compagnies aériennes et capacité de production ne sera atteint qu’entre 2031 et 2034, en raison des pertes de livraisons accumulées au cours des cinq dernières années et d’un carnet de commandes historique.

Des retards accentués
Actuellement, plus de 5 300 aéronefs sont en déficit de livraison et les commandes dépassent 17 000 appareils, soit près de 60 % de la flotte active mondiale. L’âge moyen de la flotte atteint 15,1 ans, avec 12,8 ans pour les avions de passagers, 19,6 ans pour les avions-cargos et 14,5 ans pour les appareils à large fuselage. Parallèlement, plus de 5 000 aéronefs restent entreposés pour diverses raisons, un niveau record malgré la pénurie de nouveaux appareils.

« Les compagnies aériennes ressentent fortement l’impact des problèmes de chaîne d’approvisionnement. La hausse des coûts de location, la perte de flexibilité dans les horaires et les retards dans les gains de durabilité pèsent sur leur performance et sur le coût pour les passagers », a déclaré Willie Walsh, directeur général de l’IATA.
Les retards sont accentués par plusieurs facteurs. La production de moteurs ne suit pas le rythme des cellules d’avion, certaines pièces restent entreposées, et les délais de certification peuvent atteindre quatre à cinq ans pour les nouveaux modèles. Les tensions commerciales, notamment entre les États-Unis et la Chine, ont fait grimper les tarifs douaniers sur les métaux et composants électroniques, tandis que la pénurie de main-d’œuvre et la dépendance à un nombre limité de fournisseurs de composants critiques amplifient la vulnérabilité de la chaîne.

Plus de 11 milliards de dollars de pertes
L’impact sur l’efficacité énergétique est également notable. Les gains annuels sont tombés à 0,3 % en 2025, contre 2,0 % en moyenne auparavant, et ne devraient remonter qu’à 1,0 % en 2026. Les avions-cargos sont particulièrement exposés : les appareils plus anciens restent en service pour compenser les retards de production, tandis que les conversions d’avions passagers vers le fret restent limitées.

Une étude conjointe de l’IATA et de la firme Oliver Wyman estime que ces engorgements ont coûté plus de 11 milliards de dollars à l’industrie en 2025. Les principaux postes de dépenses supplémentaires incluent le carburant (~4,2 milliards USD), la maintenance (3,1 milliards USD), la location de moteurs (2,6 milliards USD) et la gestion des stocks excédentaires (1,4 milliard USD).

Pour réduire ces contraintes, l’étude recommande de libéraliser les activités de maintenance, d’améliorer la visibilité de la chaîne d’approvisionnement, de recourir à la maintenance prédictive et d’augmenter la capacité de réparation et de pièces de rechange. Ces mesures pourraient limiter les retards, réduire les coûts et renforcer la résilience du secteur.

En attendant, les compagnies aériennes restent confrontées à une situation complexe, entre forte demande de transport aérien et contraintes d’offre, une combinaison qui continue de peser sur les coûts, les marges et l’expérience des voyageurs à l’échelle mondiale.

 

What Next?

Recent Articles