Le président du Botswana, Duma Boko, a signé deux accords clés de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) visant à rendre opérationnel le Fonds de développement régional (RDF), longtemps attendu, et à renforcer le cadre régional en matière de finance et d’investissement.
Les deux accords signés par le Botswana avec la SADC portent notamment sur l’instrument d’opérationnalisation du RDF — créé en 2016 mais encore non pleinement fonctionnel — ainsi que sur un amendement au protocole de la SADC relatif à la finance et à l’investissement.
Le président Duma Boko a indiqué que la signature de ces textes traduit l’engagement de son pays en faveur du renforcement des mécanismes régionaux, appelant les États membres qui ne l’ont pas encore fait à suivre cet exemple.
« Nous signons ces deux accords avec enthousiasme et espérons que les autres États membres emboîteront le pas », a-t-il déclaré.
Le Botswana devient ainsi le dixième État membre à signer l’accord relatif au RDF, même si seuls l’Angola, la Zambie et le Zimbabwe l’ont, à ce stade, ratifié.
Le RDF, institué en vertu de l’article 26A du traité de la SADC, vise à mutualiser les ressources, attirer les investissements et financer des projets régionaux structurants. Sa mise en œuvre a toutefois été retardée pendant plusieurs années en raison d’une adoption lente par les États membres, malgré un important déficit de financement des infrastructures dans la région.
La prochaine étape consistera à mettre en place les structures de gouvernance, les politiques et les procédures, ainsi qu’à mobiliser un capital initial auprès des États membres, des banques de développement et des partenaires techniques et financiers.
Par ailleurs, l’amendement du protocole sur la finance et l’investissement introduit des dispositions alignées sur les normes du Groupe d’action financière (GAFI), notamment en matière de lutte contre le financement du terrorisme et de la prolifération.
Ce protocole vise à harmoniser les politiques financières et d’investissement dans la région et à prévenir les divergences réglementaires susceptibles de fragiliser les économies.
Le Botswana a enregistré des progrès notables dans le renforcement de son dispositif de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, comme en témoignent les évaluations du groupe régional de lutte contre le blanchiment en Afrique orientale et australe ainsi que du GAFI.
Le secrétariat de la SADC estime que cette initiative constitue une avancée décisive pour la mobilisation des ressources régionales, le renforcement de la gouvernance financière et la lutte contre les flux financiers illicites.
Le secrétaire exécutif de la SADC, Elias Magosi, a rappelé que le déficit annuel de financement des infrastructures en Afrique dépasse 100 milliards de dollars, la région de la SADC représentant environ un quart de ce manque.
Il a précisé que le fonds vise à soutenir les infrastructures, l’industrialisation et la transformation socio-économique, ajoutant que le secrétariat travaille avec la Banque africaine de développement pour élaborer des projets pilotes et renforcer les cadres institutionnels.



