
Une mobilisation historique des planteurs
Avec plus de 20 000 participants, la rencontre a été marquée par une mobilisation exceptionnelle. Elle reflète la volonté croissante des producteurs de se structurer pour mieux défendre leurs intérêts et peser dans les prises de décisions stratégiques du secteur. Lassés des formes traditionnelles de représentation, souvent jugées inefficaces, les planteurs affichent désormais une détermination claire : reprendre en main leur destin économique.
Vers une gouvernance plus participative
Dans son intervention, Koné Moussa a souligné que l’OIA représente une opportunité historique pour rééquilibrer les rapports de force dans la filière. Il a plaidé pour une participation active des producteurs à la fixation du prix bord-champ, tout en dénonçant les injustices économiques persistantes.
« Si nous sommes organisés, le gouvernement sera obligé de nous écouter », a-t-il affirmé, appelant les 586 000 membres du SYNAPCI à se faire recenser auprès de l’Organisation Nationale des Producteurs de Café-Cacao de Côte d’Ivoire (ONPCC-CI).
Il a salué la récente fixation du prix du cacao à 2 200 FCFA pour la campagne intermédiaire, tout en rappelant l’importance du financement de 500 milliards de FCFA réclamé pour moderniser la filière. À l’approche des élections présidentielles, il a mis en garde : « Si cette doléance n’est pas satisfaite, nous pourrions être contraints d’émettre un préavis de grève. »
Un appui clair de l’ONPCC-CI
Blondé Obed, représentant de l’ONPCC-CI, a renouvelé le soutien de son organisation au projet d’interprofession. Il a appelé à une adhésion massive au recensement en cours, tout en insistant sur le rôle central que jouera l’OIA dans la transparence, la représentativité et la redistribution équitable des revenus.
« Ce serait paradoxal que ceux qui réclament l’interprofession deviennent aujourd’hui un frein à sa concrétisation », a-t-il averti, invitant à la cohésion autour de ce projet structurant.
Un appel à la paix et au dialogue
Intervenant en fin de cérémonie, le maire de Daloa, Stéphane Gbeuly, a appelé les producteurs à privilégier le dialogue. « Le chef de l’État est attentif à vos préoccupations. Utilisons les voies légales pour faire avancer nos revendications », a-t-il exhorté, en insistant sur l’importance de la paix pour le développement de la filière.
Le recensement, lancé en février, est une étape décisive pour la création de l’OIA. Cette structure promet d’instaurer une gouvernance plus inclusive de la filière café-cacao, qui demeure l’un des piliers de l’économie ivoirienne, représentant près de 40 % des recettes d’exportation.
À travers cette mobilisation massive, le SYNAPCI démontre non seulement sa capacité d’organisation, mais aussi sa volonté ferme d’accompagner les producteurs vers une véritable émancipation économique. Les fondations d’une nouvelle ère dans la filière agricole viennent d’être posées à Daloa.


