Le Bureau de Vérification et de Contrôle (BVG) du Mali a dévoilé un rapport hypothéquant la gestion financière de l’ambassade malienne à Genève (Suisse) entre 2021 et août 2024.
Les irrégularités s’élèvent à 312,8 millions FCFA, un chiffre qui secoue la diplomatie malienne et soulève des questions sur la transparence des fonds publics. « Ces pratiques inacceptables sapent la crédibilité de nos institutions à l’étranger », dénonce un haut fonctionnaire malien.
Avantages indus et factures falsifiées : Le détail des malversations
Le BVG a épinglé des dépenses « hors normes » et des détournements systémiques : 126,4 millions FCFA en avantages indus au personnel (primes non justifiées, frais de logement abusifs) ; 47,2 millions FCFA de dépenses non justifiées, sans pièces comptables et 21,6 millions F CFA.
Le rapport souligne également des paiements injustifiés d’honoraires s’élevant à 12 789 126 F CFA et des acquisitions d’équipements non retracées pour 10 354 333 F CFA. Les anomalies identifiées ne sont pas simplement des erreurs de gestion : elles pourraient relever du pénal.
La mission de vérification, portant sur les exercices de 2021 à 2024, visait à s’assurer de la transparence des opérations de recettes et de dépenses. Les auditeurs ont relevé des manquements graves dans la gestion administrative et comptable de l’ambassade.
Le Secrétaire Agent Comptable n’a pas tenu les registres et documents requis conformément à la réglementation en vigueur. De plus, les mentions budgétaires obligatoires n’apparaissent pas sur certaines pièces justificatives, et le plafond de la caisse n’a pas été respecté. Face à ces défaillances, les auditeurs ont recommandé une mise en conformité immédiate des pratiques comptables.
Des dépenses injustifiées et des avantages indus
Le rapport du BVG révèle une liste impressionnante d’irrégularités financières, totalisant 312 805 080 F CFA. Parmi les anomalies relevées :
126 398 689 F CFA d’avantages indus octroyés au personnel ;
47 199 955 F CFA de dépenses non justifiées ;
9 674 292 F CFA de remboursements de frais médicaux indus ;
21 641 815 F CFA d’utilisation irrégulière des gains de change ;
76 175 967 F CFA de déficit de caisse inexpliqué ;
7 831 119 F CFA de factures falsifiées pour des travaux d’entretien.
Le rapport souligne également des paiements injustifiés d’honoraires s’élevant à 12 789 126 F CFA et des acquisitions d’équipements non retracées pour 10 354 333 F CFA. Les anomalies identifiées ne sont pas simplement des erreurs de gestion : elles pourraient relever du pénal. En conséquence, les faits susceptibles de constituer des infractions ont été dénoncés au procureur de la République chargé du Pôle national économique et financier. Le rapport a également été transmis à la Section des comptes de la Cour suprême.



