
L’objectif est de réduire le poids de la dette sans bloquer les projets de développement. Cette initiative a été dévoilée à la faveur des réunions de printemps de la Banque mondiale, fin avril 2025.
L’institution souhaite l’élargir à d’autres États émergents. En Côte d’Ivoire, ce modèle a permis à l’État de bénéficier d’un prêt avantageux de 400 millions d’euros, garanti par la Banque mondiale, pour restructurer une partie de sa dette plus coûteuse.
Un montage financier inédit pour alléger la dette
L’accord signé permet à Abidjan de rembourser par anticipation une partie de sa dette ancienne, jugée onéreuse. En échange, l’État profite d’un taux d’intérêt plus faible, d’un échéancier plus souple et d’un délai avant les premiers paiements. Résultat : une économie nette de 60 millions d’euros et 330 millions d’euros de marge budgétaire libérés sur cinq ans.
Une preuve, selon les experts, que les institutions ivoiriennes ont gagné en maturité dans la gestion des finances publiques.
Ce mécanisme, salué comme « innovant », repose entièrement sur les structures nationales ivoiriennes. Contrairement aux dispositifs passés impliquant des fonds fiduciaires externes, ce montage est géré localement. Une preuve, selon les experts, que les institutions ivoiriennes ont gagné en maturité dans la gestion des finances publiques.
L’éducation, secteur prioritaire ciblé
Dans le cadre de cet échange, la Côte d’Ivoire s’engage à investir 40 millions d’euros dans la construction de 30 écoles destinées à accueillir 30 000 élèves. Le ministère de l’Éducation nationale se félicite de cette avancée, qui permet de tripler le rythme de construction d’écoles prévu avant l’opération.
La Côte d’Ivoire, en assumant cette première, sert de référence pour les prochaines négociations.
Malgré ces efforts, les inégalités restent criantes, notamment dans les zones rurales. Le besoin d’infrastructures éducatives reste immense. Les autorités espèrent que cette dynamique sera renforcée par d’autres appuis extérieurs.
Un modèle à dupliquer, mais sous conditions
La Banque mondiale espère exporter ce modèle dans d’autres pays en développement, à condition que les institutions locales soient suffisamment solides pour gérer les fonds. La Côte d’Ivoire, en assumant cette première, sert de référence pour les prochaines négociations.
Ce type de transaction ne suffira toutefois pas à combler le fossé du financement dans les pays pauvres. En 2023, 54 États ont consacré plus de ressources au remboursement de la dette qu’à la santé ou à l’éducation, selon la Cnuced. En Côte d’Ivoire, l’aide représente seulement 0,05 % du PIB.


