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Gestion des Finances personnelles : Une campagne nationale d’éducation financière initiée

Dimbokro, chef-lieu de la région du N’zi, a abrité le mardi 3 juin 2025 le lancement officiel d’une campagne nationale d’éducation financière. Cette initiative, placée sous le parrainage du ministre du Budget et des Finances, Adama Coulibaly, est portée par le Projet d’Amélioration de la Gouvernance pour la Délivrance des Services de base aux citoyens (PAGDS), avec l’appui de la Banque Mondiale. Elle vise à outiller les populations, en particulier les agriculteurs, artisans, commerçants, salariés et transporteurs, sur les fondamentaux d’une gestion saine des ressources financières.

Cette campagne cible principalement quatre régions : le N’zi, le Gbêkê, le Hambol et le Sud-Comoé. Elle intervient dans un contexte où l’inclusion financière demeure un défi majeur, notamment pour les populations rurales. Selon les données du PAGDS, près de 80 % des citoyens évoluent en dehors du secteur bancaire classique, faute d’éducation financière et de sensibilisation adéquates.

Les enjeux de la campagne
La coordonnatrice du PAGDS, Mme Madeleine Yao, représentant le ministre du Budget et des Finances lors de la cérémonie, a mis en lumière les enjeux de cette campagne. Elle a rappelé que le projet qu’elle dirige s’inscrit dans une logique de modernisation de l’administration publique et d’amélioration des services rendus aux citoyens. « L’objectif du PAGDS est de renforcer la capacité de l’État à mieux gérer les finances publiques, améliorer les prestations dans l’éducation, la santé, les contrats routiers, et faciliter l’accès aux services financiers », a-t-elle expliqué.

La coordonnatrice du PAGDS, Mme Madeleine YaoLa coordonnatrice du PAGDS, Mme Madeleine Yao
La coordonnatrice s’est félicitée des avancées réalisées par le projet, notamment en matière de digitalisation des procédures administratives, de recouvrement des recettes et d’exécution efficace des dépenses. Ces progrès ont contribué à la rationalisation des ressources de l’État et à une plus grande transparence dans la gestion publique. La campagne nationale d’éducation financière apparaît ainsi comme le prolongement naturel des efforts entrepris en faveur de la bonne gouvernance.

Ce partenariat multisectoriel vise à garantir la cohérence des messages et l’efficacité des actions sur le terrain
Elle a également salué la synergie entre les différents acteurs impliqués : l’Agence de Promotion de l’Inclusion Financière (APIF-CI), les ONG spécialisées dans l’éducation financière, les institutions bancaires et les membres du groupe de travail « Protection du travail et éducation financière ». Ce partenariat multisectoriel vise à garantir la cohérence des messages et l’efficacité des actions sur le terrain.

Le programme a été conçu à la suite d’une enquête nationale permettant d’identifier les lacunes en matière de culture financière. Sur cette base, plusieurs modules ont été élaborés pour répondre aux attentes spécifiques des cibles : jeunes, salariés, travailleurs indépendants et populations rurales.

L’objectif est clair
Les thématiques abordées sont variées mais complémentaires : élaboration d’un budget familial, priorisation des dépenses, stratégies d’épargne, gestion des imprévus, recours au crédit, prévention du surendettement, choix des services financiers, constitution et gestion d’actifs. L’objectif est clair : permettre à chaque citoyen de prendre des décisions financières éclairées.

Mme Yao a insisté sur la nécessité d’un langage accessible et culturellement pertinent. Pour ce faire, la campagne misera sur une diffusion multicanale : émissions radiophoniques, spots télévisés, publications sur les réseaux sociaux, affiches explicatives, mais aussi des ateliers pratiques animés par des formateurs expérimentés.

Cette éducation financière permettra à chacun de mieux gérer son budget, de planifier ses projets, de faire face aux imprévus, et surtout de sécuriser son épargne
L’ambition du gouvernement est de former plus de 1 500 personnes à l’issue de cette campagne, avec un accent particulier mis sur les femmes commerçantes, les jeunes entrepreneurs et les fonctionnaires. « Cette éducation financière permettra à chacun de mieux gérer son budget, de planifier ses projets, de faire face aux imprévus, et surtout de sécuriser son épargne », a souligné la coordonnatrice.

La campagne ne se limite pas aux bénéficiaires directs. Elle implique également les administrateurs locaux, les encadreurs pédagogiques et les relais communautaires, dans une logique d’appropriation durable du programme. Pour Mme Yao, il est essentiel que les bénéficiaires puissent, à leur tour, devenir des vecteurs de transmission du savoir dans leurs communautés.

Un appel à la mobilisation citoyenne
Le préfet du département de Dimbokro, Gouessé Jules, présent à la cérémonie, a salué cette initiative gouvernementale. Il a exhorté les populations à s’approprier les contenus de la campagne et à améliorer leur gestion financière quotidienne. « Il ne suffit pas d’avoir des revenus, il faut savoir les gérer. Une bonne éducation financière est la base de toute stabilité économique et sociale », a-t-il déclaré.

Il a également remercié les partenaires techniques et financiers pour leur appui constant à la mise en œuvre de politiques publiques inclusives et résilientes, capables de répondre aux besoins réels des populations.

Nous voulons écouter les populations, partager les savoirs utiles, réduire les inégalités et construire ensemble un écosystème où chacun peut évoluer en toute confiance
Au terme de la cérémonie, Mme Yao a lancé un appel à la mobilisation générale. Elle a invité toutes les personnes identifiées à participer activement aux différentes étapes de la campagne. « Nous voulons écouter les populations, partager les savoirs utiles, réduire les inégalités et construire ensemble un écosystème où chacun peut évoluer en toute confiance », a-t-elle conclu.

Cette campagne nationale d’éducation financière s’inscrit donc comme un levier fondamental pour bâtir une société plus résiliente, plus responsable et plus inclusive. Une étape essentielle vers l’autonomisation des citoyens et la transformation structurelle de l’économie ivoirienne.

 

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