05112026Headline:

Le Burkina bloque ses exportations de bétail, Abidjan peinée à trouver 172.000 têtes

Alors que la Côte d’Ivoire doit mobiliser une planche de 172.000 têtes pour faire face à la demande de son marché. Les plus gros pourvoyeurs du pays sont le Burkina, le Mali, le Niger, le Bénin, etc. Ouagadougou vient de fermer ses frontières à quelques jours de la fête de l’Aïd-el-Adha, est-ce une crise de mouton qui s’annonce pour Abidjan ?

A Ouagadougou, le gouvernement a suspendu, ce lundi 11 mai 2026, l’exportation de ses animaux sur pied vers toute destination, y compris la Côte d’Ivoire. Une décision qui intervient alors qu’Abidjan espérait compter sur ses voisins pour satisfaire une demande estimée à 172.000 têtes. La Tabaski, ou l’Aïd el-Kebir, approche à grands pas et avec elle son lot de préparatifs. En Côte d’Ivoire, les projections des services compétents tablaient sur un besoin de 172.000 têtes de bétail pour couvrir la demande intérieure lors de cette fête de sacrifice. Un volume que les parcs et marchés à bestiaux du pays ne peuvent assumer seuls.

Un besoin de 172.000 têtes, la sous-région mise à contribution
Pour atteindre ce chiffre, Abidjan a l’habitude de s’appuyer sur les pays voisins, qui alimentent régulièrement ses marchés. Le Bénin, le Mali, le Niger et le Burkina Faso figurent parmi les fournisseurs traditionnels de la Côte d’Ivoire en cette période de forte consommation. Mais cette année, l’équilibre si fragile de la chaîne d’approvisionnement vacille. Le gouvernement burkinabè a annoncé, dans un communiqué interministériel daté du 8 mai 2026 et rendu public ce lundi 11 mai, la suspension immédiate de l’exportation du bétail sur l’ensemble du territoire national.

Le motif est de garantir la disponibilité des animaux sur le marché intérieur et de stabiliser les prix, à quelques jours d’une fête qui mobilise d’ordinaire d’importants volumes.
La délivrance des Autorisations spéciales d’exportation (ASE) est suspendue jusqu’à nouvel ordre. Pour autant, une clause transitoire a été prévue, les exportateurs qui détiennent des ASE encore valides disposent d’un délai d’une semaine pour accomplir leurs formalités et faire sortir leurs bêtes. Passé ce délai, la fermeture sera totale. Le gouvernement burkinabè dit compter sur « le patriotisme des acteurs de la filière » et sur « la collaboration des services techniques et des forces de sécurité » pour faire respecter cette interdiction. Les contrevenants s’exposent à des sanctions prévues par la réglementation. Cette décision s’inscrit dans une logique de souveraineté alimentaire que Ouagadougou a maintes fois rappelée. En période de fête, les prix du bétail ont tendance à flamber, et l’exportation massive vers les pays voisins peut créer des pénuries locales . Le gouvernement burkinabè a donc choisi de protéger son marché intérieur, quitte à compliquer la tâche de ses partenaires.

Les acteurs ivoiriens se réorganisent
Côté ivoirien, l’inquiétude est plus réelle. Il reste encore quelques jours avant la Tabaski, et d’autres fournisseurs, le Mali, le Niger, le Bénin, pourraient tenter de compenser le manque à venir. Toutefois, le Burkina Faso est historiquement l’un des principaux pourvoyeurs de bétail pour la Côte d’Ivoire. Sa suspension laissera un vide qu’il faudra combler rapidement. Les autorités ivoiriennes et les acteurs de la filière vont devoir redoubler d’efforts pour mobiliser les bêtes disponibles sur les autres marchés sous-régionaux. Des discussions discrètes sont sans doute déjà engagées pour la sécurité des volumes supplémentaires. À défaut, le risque d’une flambée des prix ou d’une pénurie relative n’est pas à exclure dans les jours précédant la fête. Les Ivoiriens, habitués à célébrer la Tabaski dans la tradition, suivent de près l’évolution du dossier. Et les marchands de moutons, qui espéraient une saison rapide, retiennent leur souffle en attendant de savoir si les 172.000 têtes pourront être réunies à temps.

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