05032026Headline:

L’influence FMI au Maroc est considérée comme un cas singulier

Une note de l’ORF souligne le rôle déterminant des équilibres politiques internes, avec un positionnement marocain distinct fondé sur l’appropriation nationale.

Le Fonds monétaire international (FMI) exerce une présence étendue au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, où 18 des 22 économies font l’objet de programmes, de missions ou de surveillance, selon une analyse publiée par l’Observer Research Foundation (ORF).

L’étude met en évidence une influence inégale de l’institution, étroitement liée aux configurations politiques internes plutôt qu’à la seule expertise technique, dans une région marquée par des trajectoires économiques contrastées.

Dans cette lecture, le Maroc apparaît comme un cas singulier, classé parmi les «partenaires de résilience». Le royaume a bénéficié en 2025 d’une ligne de crédit flexible de 4,5 milliards de dollars (environ 4,1 milliards d’euros), après une précédente facilité de 5 milliards non mobilisée en 2023.

Selon l’ORF, ces instruments jouent un rôle de garantie financière et de signal de crédibilité, les autorités marocaines conservant la maîtrise de leurs réformes, inscrites dans le Nouveau modèle de développement. Le FMI intervient dès lors comme appui technique à une stratégie nationale déjà structurée.

À l’opposé, plusieurs pays sont classés parmi les «emprunteurs structurels», à l’image de l’Égypte, engagée dans un programme élargi de crédit porté à environ 8 milliards de dollars (près de 7,4 milliards d’euros).

Si certaines stabilisations macroéconomiques sont relevées, notamment la reconstitution des réserves projetées à 66,5 milliards de dollars à l’horizon 2028-2029, l’étude souligne des résistances internes qui limitent la transformation du modèle économique. La Jordanie présente une trajectoire similaire, combinant discipline budgétaire et fragilités sociales persistantes, avec un chômage de 21% et de 46% chez les jeunes en 2024.

Cette différenciation se prolonge au sein des pays du Golfe, classés parmi les «clients de surveillance», où le FMI agit principalement comme évaluateur externe. Les économies riches en hydrocarbures, comme l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis ou le Qatar, sollicitent ses analyses pour renforcer leur crédibilité auprès des investisseurs, sans dépendre de financements.

À l’inverse, des pays comme Djibouti ou l’Irak font l’objet de mises en garde plus appuyées sur la soutenabilité de leur dette ou leur modèle économique.

Au total, l’analyse de l’ORF met en avant une constante régionale : la stabilisation macroéconomique ne s’accompagne pas systématiquement de transformations structurelles.

Dans ce paysage, le positionnement du Maroc se distingue par une utilisation des instruments du FMI comme outils de sécurisation, sans remise en cause de la souveraineté économique, dans une logique observée avec attention à l’échelle africaine.

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