
Le fil instigateur du Faso Danfani est issu de la filature du coton. Si cette tenue est désormais l’étiquette du Burkinabè, une nouvelle politique de production ajustée à la transformation est mise. Malgré une production en baisse de 26 % pour la campagne 2024/2025 (286 623 tonnes contre 386 794 tonnes l’an dernier), le gouvernement de la Transition affiche sa détermination à optimiser ce secteur clé, surnommé « l’or blanc », essentiel pour l’économie nationale.
Des suites de subventions sans résultats
Pour soutenir les producteurs, un plan d’urgence de 39,5 milliards F CFA a été déployé lors de cette campagne : 10,9 milliards F CFA pris en charge par l’État, 1,4 milliard F CFA par l’Association Interprofessionnelle du Coton, et 27 milliards F CFA financés par les sociétés cotonnières.
Pourtant, les résultats provisoires déçoivent : la production de coton conventionnel chute, passant de 386 794 tonnes en 2023/2024 à 286 623 tonnes. « Le contexte climatique et les défis logistiques ont pesé, mais nous priorisons l’amélioration des rendements à long terme », explique le ministre de l’Industrie, du commerce et de l’artisanat lors de son bilan à mi-parcours.
Une lueur d’espoir subsiste : le rendement moyen a progressé à 827 kg/ha, contre des performances antérieures moins élevées. Le coton biologique, bien que marginal (942 tonnes prévues), affiche un rendement de 372 kg/ha, confirmant une niche à potentiel.
Le Burkina Faso, géant régional en coton
Historiquement, le pays se hisse parmi les leaders africains du coton. Avec 518 545 tonnes produites en 2021/2022, il talonne le Bénin et la Côte d’Ivoire. Mais la concurrence s’intensifie : en 2023/2024, le Mali a ravi la première place au sein de la Zone CFA, avec une récolte record.
« La Zone CFA dans son ensemble affiche une production en hausse de 24 % cette saison, dépassant les 2,6 millions de tonnes », précise le Programme régional de production intégré du coton en Afrique (PR-PICA). Une dynamique portée par des rendements améliorés de 11 à 53 % selon les pays.
Si le Burkina Faso a perdu du terrain, les autorités misent sur une stratégie de redressement. Malgré la baisse actuelle, le pays conserve des atouts : une filière structurée, des investissements publics soutenus et une expertise reconnue. « La transition vers des pratiques plus durables et l’optimisation des intrants sont nos priorités », insiste le ministre. L’enjeu est de taille : le coton représente près de 8 % du PIB national et emploie des millions de Burkinabès, des champs aux usines d’égrenage.
Avec plus de 2,6 millions de tonnes produites en 2023/2024, la Zone CFA confirme son statut de puissance cotonnière africaine. Le Mali, le Bénin et la Côte d’Ivoire tirent cette croissance, mais le Burkina Faso compte bien reprendre sa place. « Les rendements augmentent, signe que les formations techniques et les subventions portent leurs fruits », analyse un expert du PR-PICA. Reste à transformer l’essai en stabilisant la production malgré les aléas climatiques et économiques.


