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Or blanc : Le gouvernement se donne les moyens pour optimiser la production du coton

La course pour redevenir leader africain du coton est lancée et le Burkina Faso veut relever le défi de l’or blanc. Pilier économique du pays, le coton est désormais sous la loupe du gouvernement burkinabè. Ce mercredi 19 février 2025, c’était l’un des sujets à l’ordre du jour du Conseil des ministres. La Transition prend désormais à bras le corps afin de booster ce secteur de soutien à la croissance économique au Burkina Faso.

Le fil instigateur du Faso Danfani est issu de la filature du coton. Si cette tenue est désormais l’étiquette du Burkinabè, une nouvelle politique de production ajustée à la transformation est mise. Malgré une production en baisse de 26 % pour la campagne 2024/2025 (286 623 tonnes contre 386 794 tonnes l’an dernier), le gouvernement de la Transition affiche sa détermination à optimiser ce secteur clé, surnommé « l’or blanc », essentiel pour l’économie nationale.

Des suites de subventions sans résultats
Pour soutenir les producteurs, un plan d’urgence de 39,5 milliards F CFA a été déployé lors de cette campagne : 10,9 milliards F CFA pris en charge par l’État, 1,4 milliard F CFA par l’Association Interprofessionnelle du Coton, et 27 milliards F CFA financés par les sociétés cotonnières.

Pourtant, les résultats provisoires déçoivent : la production de coton conventionnel chute, passant de 386 794 tonnes en 2023/2024 à 286 623 tonnes. « Le contexte climatique et les défis logistiques ont pesé, mais nous priorisons l’amélioration des rendements à long terme », explique le ministre de l’Industrie, du commerce et de l’artisanat lors de son bilan à mi-parcours.
Une lueur d’espoir subsiste : le rendement moyen a progressé à 827 kg/ha, contre des performances antérieures moins élevées. Le coton biologique, bien que marginal (942 tonnes prévues), affiche un rendement de 372 kg/ha, confirmant une niche à potentiel.

Le Burkina Faso, géant régional en coton
Historiquement, le pays se hisse parmi les leaders africains du coton. Avec 518 545 tonnes produites en 2021/2022, il talonne le Bénin et la Côte d’Ivoire. Mais la concurrence s’intensifie : en 2023/2024, le Mali a ravi la première place au sein de la Zone CFA, avec une récolte record.

« La Zone CFA dans son ensemble affiche une production en hausse de 24 % cette saison, dépassant les 2,6 millions de tonnes », précise le Programme régional de production intégré du coton en Afrique (PR-PICA). Une dynamique portée par des rendements améliorés de 11 à 53 % selon les pays.

Si le Burkina Faso a perdu du terrain, les autorités misent sur une stratégie de redressement. Malgré la baisse actuelle, le pays conserve des atouts : une filière structurée, des investissements publics soutenus et une expertise reconnue. « La transition vers des pratiques plus durables et l’optimisation des intrants sont nos priorités », insiste le ministre. L’enjeu est de taille : le coton représente près de 8 % du PIB national et emploie des millions de Burkinabès, des champs aux usines d’égrenage.

Avec plus de 2,6 millions de tonnes produites en 2023/2024, la Zone CFA confirme son statut de puissance cotonnière africaine. Le Mali, le Bénin et la Côte d’Ivoire tirent cette croissance, mais le Burkina Faso compte bien reprendre sa place. « Les rendements augmentent, signe que les formations techniques et les subventions portent leurs fruits », analyse un expert du PR-PICA. Reste à transformer l’essai en stabilisant la production malgré les aléas climatiques et économiques.

 

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