04302026Headline:

projet ProDeCAP: La FAO comme partenaire clé pour l’assistance technique et la mise en œuvre

Lancé à San-Pedro, le projet ProDeCAP mobilise 19 milliards de FCFA. Soutenue par la BAD, la FAO apporte son expertise technique pour moderniser la pêche et l’aquaculture durable en Côte d’Ivoire.

L’avenir de la souveraineté alimentaire ivoirienne se joue désormais au bord de l’eau. Ce 26 mars 2026, la cité balnéaire de San-Pedro a accueilli le lancement officiel du Projet de Développement des Chaînes de Valeur Compétitives de l’Aquaculture et de la Pêche Durable, baptisé ProDeCAP. Ce programme d’envergure vise à transformer concrètement le quotidien de 700 000 personnes, dont une majorité de femmes, à travers quatre grands pôles de production baptisés « Haliopôles » (San-Pedro, Centre, Centre-Ouest et Sud-Comoé).

L’objectif est limpide : muscler la production nationale pour que le poisson dans l’assiette des Ivoiriens ne provienne plus majoritairement de l’étranger. Derrière cette ambition, les moyens engagés donnent la mesure du projet. Un investissement de 19 milliards de FCFA, soutenu par la Banque Africaine de Développement (BAD), vient en effet appuyer le déploiement du ProDeCAP.

Un paradoxe ivoirien
Le constat dressé par le Ministre des Ressources Animales et Halieutiques est frappant. La Côte d’Ivoire possède un trésor aquatique : 566 km de côtes, un réseau dense de fleuves et de lagunes, et le premier port thonier du continent. Pourtant, le pays importe 80 % de sa consommation de poisson.

« Une part importante de ce potentiel reste sous-exploitée. C’est précisément pour inverser cette tendance, de manière durable et inclusive, que le Gouvernement a fait de l’Économie Bleue l’un des leviers stratégiques », a déclaré le Ministre lors de son discours inaugural.
Le défi est double. Il faut combler le déficit de production tout en faisant face aux menaces qui pèsent sur les eaux ivoiriennes : le changement climatique, la pêche illicite et le manque d’infrastructures de conservation. Comment moderniser une filière sans épuiser la ressource ? C’est ici que l’expertise technique devient la clé de voûte du projet.

L’expertise de la FAO comme boussole
Si la BAD apporte les fonds, c’est la FAO qui assure le pilotage technique. Pour Joseph Nyemah, Représentant de l’organisation en Côte d’Ivoire, ce partenariat est le prolongement naturel d’un travail de préparation entamé dès 2023. L’agence onusienne ne se contente pas de conseiller ; elle va “outiller” l’État ivoirien.

L’enjeu majeur repose sur la donnée scientifique. La FAO va piloter l’évaluation des stocks de poissons dans les lagunes et les lacs pour permettre une gestion intelligente et éviter la surpêche.

« Les contributions de la FAO viseront à renforcer la base scientifique nécessaire à la gestion durable des pêches […] pour outiller les gestionnaires », a souligné Joseph Nyemah, avant d’ajouter que ce cadre permettra de « transférer des compétences et de renforcer les institutions nationales. »
Au-delà des enjeux économiques, le ProDeCAP porte aussi une dimension sociale. Il vise à créer des emplois, améliorer les revenus et renforcer la sécurité alimentaire. « Nous renouvelons notre engagement à être aux côtés du gouvernement de la Côte d’Ivoire pour relever les défis majeurs de la sécurité alimentaire », a conclu Joseph Nyemah.

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