Les professionnels de l’aquaculture disposent désormais d’une arme numérique pour structurer leur marché. Il s’agit d’une marketplace conçue par le Partenariat multiacteurs de l’aquaculture en Côte d’Ivoire (PM2ACI).
Présentée à Yamoussoukro lors des Journées promotionnelles de la pisciculture, elle permet d’acheter, vendre, recruter et proposer des services en ligne, en quelques clics.
Cette innovation intervient alors que le secteur reste sous pression. D’après Dr Kaba Ibrahim, conseiller technique au ministère des Ressources animales et halieutiques, la demande nationale atteint 736 000 tonnes de poisson par an. La production locale, elle, ne couvre que 12 % des besoins. Le pays importe donc environ 646 000 tonnes, pour une facture estimée à 520 milliards de FCFA.
Pour corriger ce déséquilibre, les autorités visent 150 000 tonnes à l’horizon 2030. La FAO, via le programme FISH4ACP, accompagne cette dynamique en soutenant l’organisation des Journées promotionnelles dédiées au tilapia, dont le lancement officiel s’est tenu ce mercredi à Yamoussoukro, sous la présidence du préfet de région, Coulibaly Gando.
Promouvoir la pisciculture et la filière tilapia
Ces journées veulent mettre en lumière la pisciculture et valoriser les acteurs du tilapia. L’initiative du PM2ACI, en lien avec le ministère, crée aussi un espace d’échanges entre professionnels et grand public.
« La pisciculture, et en particulier l’élevage du tilapia, représente une opportunité stratégique pour notre pays, a déclaré Millan Augustin, Président du PM2ACI, rappelant l’importance de ces journées. Elle contribue à renforcer notre souveraineté alimentaire, à créer des emplois pour les jeunes et les femmes, et à dynamiser nos économies locales. »
À l’écouter, « le PM2ACI a été mis en place pour rassembler et mobiliser tous les maillons de la chaîne de valeur, de la production à la commercialisation, afin de bâtir une filière forte, compétitive et durable. »
Un outil numérique pour organiser le marché
Au cœur de cette dynamique, la marketplace développée par le PM2ACI. Un levier pour mieux structurer les échanges.
Foungnigué Djiré, administratrice nationale du programme FISH4ACP, salue un « outil numérique qui facilitera les échanges de produits et de services aquacoles. »
Concrètement, l’interface met en relation producteurs, fournisseurs, acheteurs et institutions. Elle doit fluidifier les transactions, moderniser les pratiques commerciales et renforcer, à terme, la sécurité alimentaire.
Sur le terrain, l’intérêt est palpable. « Mon père est pisciculteur à Guiglo avec 12 étangs. Il fait face au coût élevé des aliments et à des difficultés d’écoulement. Avec cette solution, nous pourrons mieux orienter son activité », témoigne Mme Glodé Grace Gisèle.
Même constat chez les professionnels, comme Ouattara Kaweli, pisciculteur et maire de Ferkessédougou. Selon lui, « il est important d’échanger entre pisciculteurs pour trouver des solutions. Le coût des aliments reste le principal défi. Mais l’activité peut être rentable si elle est bien conduite. »
Pour rappel, le programme FISH4ACP est porté par l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP), avec un financement de l’Union européenne et de l’Allemagne.
Mis en œuvre par la FAO, il vise à accroître la production halieutique et à accompagner l’ambition ivoirienne : atteindre la souveraineté alimentaire d’ici 2031.



