
Placée sous le thème « Piloter l’Agenda de la souveraineté alimentaire en Afrique de l’Ouest : 20 ans de mise en œuvre de l’ECOWAP », la journée a rassemblé des ministres, des commissaires et des experts de la région autour d’une ambition partagée : construire une agriculture intégrée, durable et résiliente.
L’ECOWAP, socle des ambitions agricoles
L’événement était officié par le Ministre d’État ivoirien Kobenan Kouassi Adjoumani, hôte de la cérémonie, et la Commissaire de la CEDEAO en charge du développement économique, Massandjé Touré-Litse. Tous deux ont souligné l’importance de l’unité régionale pour relever les défis alimentaires, en saluant notamment les progrès réalisés depuis la mise en place de l’ECOWAP (la politique agricole de la CEDEAO) en 2005.
Adoptée il y a vingt ans à Accra, l’ECOWAP (Politique Agricole de la CEDEAO) est aujourd’hui considérée comme la feuille de route stratégique de l’Afrique de l’Ouest en matière de développement agricole. Elle repose sur quatre axes majeurs :
1. Renforcer la productivité agricole grâce à des pratiques durables, telles que l’agroécologie, et à la réduction des pertes post-récolte ;
2. Structurer les chaînes de valeur agricoles pour améliorer leur compétitivité sur les marchés régionaux et internationaux ;
3. Accroître la résilience nutritionnelle, notamment en ciblant les populations les plus vulnérables ;
4. Optimiser les financements agricoles et améliorer la gouvernance du secteur dans les États membres.
Cette politique phagocyte le cadre continental du PDDAA (Programme Détaillé de Développement de l’Agriculture Africaine), avec pour finalité l’élimination de la faim et la promotion d’une croissance inclusive.
Un bilan positif et des partenaires engagés
Le rôle central de la CEDEAO est de servir de plateforme de coordination entre les pays avec l’implication constante de partenaires techniques et financiers qui soutiennent les programmes de développement agricole dans la sous-région. Dans cette démarche, la volonté des États, comme la Côte d’Ivoire, de s’approprier pleinement l’agenda de la souveraineté alimentaire, demeure une évidence pour la décennie à venir.
Mme Touré-Litse a exprimé sa reconnaissance envers les partenaires internationaux, tout en appelant à renforcer les efforts communs pour faire face aux défis. De son côté, M. Adjoumani a affirmé que l’autosuffisance alimentaire est désormais une priorité nationale et régionale.
Les panels qui ont ponctué cette journée ont permis de dresser un état des lieux des avancées, mais aussi des obstacles à surmonter pour concrétiser les objectifs de l’ECOWAP. Les échanges ont mis l’accent sr la nécessité d’harmoniser les politiques agricoles entre les 15 États membres de la CEDEAO ; l’intégration des technologies agricoles modernes, telles que la digitalisation des données ou l’irrigation intelligente ; et le rôle moteur du secteur privé**, appelé à investir davantage dans les filières agroalimentaires.
L’agriculture, levier de transformation régionale
La Journée de la CEDEAO au SARA 2025 a ainsi illustré la place cruciale de l’agriculture dans le développement économique et social de l’Afrique de l’Ouest. Elle a aussi rappelé que les défis sont nombreux avec des bases solides accostées à des stratégies collectives comme l’ECOWAP.
Avec une vision partagée et des engagements concrets, la CEDEAO veut faire de l’agriculture un pilier de résilience, de stabilité et de prospérité. À l’horizon 2030, la région ambitionne de devenir autonome sur le plan alimentaire, tout en garantissant des revenus décents aux producteurs et en assurant une alimentation saine à ses populations.


