Hezbollah vs Beyrouth : Naim Qassem annonce les obsèques de Nasrallah et exige le retrait total d’Israël
Le numéro deux du Hezbollah, a lancé un appel véhément au gouvernement libanais ce dimanche 16 février. Naïm Qassem exige le rejet de « toute présence militaire israélienne » après le retrait officiel prévu le 18 février. Le parti chiite entend pas capituler face à Donald Trump ainsi qu’à Benyamin Netanyahou.
Dans un discours a dressé au nouveau gouvernement Aoun, le chef par intérim du Hezbollah libanais a accusé Beyrouth de plier sous les « diktats israélo-américains », notamment après l’interdiction d’atterrissage d’avions iraniens à l’aéroport de Beyrouth. « Refuser ces pressions, c’est défendre notre souveraineté nationale », a-t-il martelé, dénonçant une décision prise sous « menace israélienne de bombarder les pistes ».
L’aéroport de Beyrouth interdit à l’Iran
La polémique autour des vols iraniens bloqueurs cristallise les tensions. Selon Naim Qassem, les autorités libanaises auraient cédé à un ultimatum américano-israélien, qui pourrait fragiliser selon lui l’indépendance du pays. « Cette interdiction est une humiliation. Le Liban ne doit pas être un État sous tutelle », a-t-il insisté.
Cette décision, perçue comme un affront par le Hezbollah, a ouvert une brèche inédite entre le parti chiite et le nouveau pouvoir, accusé de trahir la résistance contre Israël.
La colère du Hezbollah a débordé dans les rues. Samedi, des partisans ont organisé un sit-in près de l’aéroport, rapidement dispersé par l’armée avec des gaz lacrymogènes. Le parti a vivement réagi, dénonçant dans un communiqué la « répression d’un rassemblement pacifique » et réclamant une enquête sur les « responsabilités de cet abus ». Une critique rare envers l’institution militaire, traditionnellement respectée, qui illustre l’ampleur de la fracture.
Divergence prononcée sur le retour des déplacés
Un autre clash oppose le Hezbollah à l’armée : le retour des habitants du sud Liban, zone frontalière avec Israël. Alors que le parti appelle à un « retour massif et organisé » dans les villages encore occupés, l’armée prône la prudence, craignant des provocations. « La patience ne doit pas signifier la soumission », a rétorqué Qassem, exhortant les Libanais à « défendre leurs terres ».
Les funérailles de Hassan Nasrallah
Dans ce contexte explosif, le Hezbollah tente de rallier ses soutiens. Qassem a annoncé des funérailles officielles le 23 février à Beyrouth pour Hassan Nasrallah, ancien chef du mouvement tué en septembre par une frappe israélienne.
« Cette cérémonie sera un moment de rassemblement pour tous ceux qui refusent l’occupation et les ingérences », a-t-il déclaré, transformant l’événement en symbole de résistance.
Le Hezbollah brandit l’étendard de la souveraineté. De son côté, le gouvernement libanais navigue entre pressions internationales et stabilité intérieure. Les prochains jours, marqués par les funérailles de Nasrallah et les retombées du retrait israélien, pourraient sceller l’avenir des relations entre Beyrouth et son puissant mouvement chiite.



