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Funérailles de Hassan Nasrallah : Une nation en deuil face à des choix politiques délicats

Les funérailles de l’ancien chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, prévues ce dimanche dans la banlieue sud de Beyrouth, suscitent une attention particulière quant à la participation des responsables politiques et religieux libanais. Alors que des centaines de milliers de personnes sont attendues pour rendre hommage au leader décédé, la présence ou l’absence de certaines figures politiques pourrait refléter les divisions internes du pays.

Le Hezbollah a annoncé que les funérailles de Hassan Nasrallah se tiendront le 23 février 2025, près de cinq mois après son assassinat lors d’une frappe israélienne en septembre dernier. Selon le porte-parole du Hezbollah, Cheikh Ali Daher, plus de 79 pays du monde entier participeront, au niveau populaire ou officiel, aux funérailles du maître des martyrs de la nation. Cette mobilisation témoigne de l’ampleur de l’événement et de l’influence régionale du Hezbollah.

Les VIP attendues
Le Hezbollah a personnellement invité plusieurs figures politiques et spirituelles, y compris certaines farouchement opposées au parti. Des délégations ont été vues au palais présidentiel, au Grand Sérail, à Aïn el-Tiné, au patriarcat maronite de Bkerké et à la Maison du Centre de l’ex-Premier ministre Saad Hariri. Ces invitations ont suscité des débats sur la scène libanaise et sur les réseaux sociaux, certains appelant au boycott des funérailles par les officiels.

Sur la scène sunnite, plusieurs anciens présidents du Conseil ont reçu des invitations personnelles du Hezbollah. Saad Hariri, actuellement aux Émirats arabes unis, ne sera pas présent, a précisé son aide de camp, Hussein el-Wajeh, sans confirmer si le courant du Futur sera représenté.
L’homme d’affaires émirati Khalaf Ahmad al-Habtoor a mis en garde contre « la fin du Liban » en cas de représentation officielle aux funérailles. D’autres ont rappelé les personnalités libanaises tuées dans des attentats attribués au Hezbollah et à son allié, l’ex-régime syrien de Bachar el-Assad, exhortant les participants à se souvenir de ces « crimes ».

Présence des alliés et absence des opposants
Du côté du chef de l’État, une représentation est prévue, mais le président Joseph Aoun ne sera pas présent en personne, comme l’a confirmé son conseiller Rafic Chelala. Le chef du législatif, Nabih Berry, un proche allié du Hezbollah, n’a pas officiellement confirmé sa participation. Cependant, s’il s’y rend, il représentera également le chef de l’État, selon des informations de la chaîne locale al-Jadeed. Dans le cas contraire, un ministre sera désigné pour représenter les trois présidences.

Les anciens alliés, tels que l’ex-président Michel Aoun, 92 ans, ne devraient pas participer en personne à la cérémonie, mais enverront des représentants. Le chef du Courant patriotique libre, le député Gebran Bassil, adoptera la même position. « Il y aura des représentants », a affirmé la vice-présidente du parti pour les affaires politiques, Martine Najm Kteily, sans donner plus de détails. L’ex-député CPL et ancien vice-président de la Chambre, Élias Bou Saab, a exprimé son intention d’assister aux funérailles populaires, tout en appelant à « dissocier la cérémonie des considérations politiques ».

Des obsèques dignes de l’illustre disparu
Du côté druze, le leader Walid Joumblatt, ex-chef du Parti socialiste progressiste désormais dirigé par son fils Taymour, enverra une délégation, a confirmé une source proche du parti, sans préciser sa composition. Sur la scène sunnite, plusieurs anciens présidents du Conseil ont reçu des invitations personnelles du Hezbollah. Saad Hariri, actuellement aux Émirats arabes unis, ne sera pas présent, a précisé son aide de camp, Hussein el-Wajeh, sans confirmer si le courant du Futur sera représenté.

Les chefs de file des partis farouchement opposés au Hezbollah, tels que les Kataëb et les Forces libanaises, n’ont pas été conviés aux funérailles. « Il n’y a aucun lien ou obligations sociales » entre les FL et le Hezbollah, a affirmé Charles Jabbour, porte-parole des FL. Pour lui, les obsèques relèvent avant tout du « domaine politique ». Les divergences entre les deux camps, « qu’il s’agisse de vie ou de mort, persistent », ajoute-t-il.

Le patriarche maronite sera également absent, a confirmé une source proche de Bkerké. Cette dernière a indiqué que l’Église maronite est « particulièrement troublée » par les récents incidents, notamment lors d’une manifestation tendue organisée par le Hezbollah sur la route de l’aéroport. Des informations circulant dans les médias font état d’une absence totale de représentants religieux officiels de cette communauté.

 

 

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