05152026Headline:

Gambie: Banjul met la main sur un ex-général accusé de crimes sous le régime de jammeh

L’armée gambienne a annoncé ce samedi l’arrestation de l’ex-général Bora Colley, ancien membre présumé d’un escadron de la mort sous l’autorité de Yahya Jammeh.

Le Général Colley, qui avait fui le pays après la chute du régime en 2017, est accusé d’avoir appartenu aux « Junglers », une unité paramilitaire tristement célèbre pour avoir exécuté des assassinats illégaux afin de maintenir le pouvoir du dictateur.

Les « Junglers », également appelés « Broussards », étaient une unité spéciale mise en place par Jammeh pour réprimer toute opposition politique et instaurer la terreur au sein de la population gambienne. Cette unité avait pour mission d’éliminer les opposants au régime à travers des meurtres extrajudiciaires et d’autres formes de violence systématique.

Les activités des “Junglers” ont laissé une marque indélébile sur la mémoire collective du pays, symbolisant les horreurs et les abus de pouvoir qui ont caractérisé le règne de Jammeh
Selon un communiqué des Forces armées de Gambie, Bora Colley a été arrêté vendredi soir alors qu’il s’était volontairement rendu à la police militaire au camp de Yundum, situé près de la capitale, Banjul. Les services de renseignements, qui avaient placé sa résidence sous surveillance, ont joué un rôle clé dans cette arrestation. Les autorités ont précisé que Colley est actuellement en détention et coopère avec la police militaire dans le cadre des enquêtes en cours. Des détails supplémentaires concernant les circonstances de son retour en Gambie, ainsi que la date précise de son arrivée, seront communiqués ultérieurement au public.

Cette arrestation s’inscrit dans un contexte plus large de justice et de réconciliation en Gambie. En 2022, le gouvernement a accepté les recommandations de la Commission vérité, réconciliation et réparations (TRRC), qui a enquêté sur les crimes commis sous le régime de Yahya Jammeh. Parmi les recommandations, figurait la poursuite judiciaire de 70 personnes, dont Jammeh lui-même, aujourd’hui en exil en Guinée équatoriale après avoir été chassé du pouvoir à la suite d’une élection contestée en 2016.

La TRRC a documenté de nombreux cas d’assassinats, de tortures, et d’autres violations graves des droits de l’homme sous Jammeh. La Gambie, sous la direction actuelle du président Adama Barrow, a entrepris de mettre en œuvre ces recommandations pour tourner la page de cette période sombre de son histoire. L’arrestation de Bora Colley marque un pas important dans cette quête de justice pour les victimes des atrocités commises durant les 22 ans de dictature en Gambie.

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