La tension ne retombe pas entre Israël et la communauté internationale. Ce dimanche 3 mai, le tribunal d’Ashkelon a prolongé de 48 heures la garde à vue des deux leaders de la flottille pour Gaza, le Brésilien Thiago de Avila et l’Espagnol Saif Abukeshek. Capturés le 30 avril dans les eaux internationales, les deux hommes dénoncent des violences de la part des commandos israéliens, provoquant l’indignation de Madrid et de Brasilia.
Le bras de fer judiciaire et diplomatique se durcit. Malgré les demandes de libération immédiate, le juge israélien a décidé de maintenir en détention l’Espagnol Saif Abu Keshek et le Brésilien Thiago Avila, les deux figures de proue de la flottille « Global Sumud », indique notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul.
« Le tribunal a prolongé leur détention de deux jours », a annoncé Miriam Azem, de l’ONG de défense des droits humains israélienne Adalah. Les autorités avaient réclamé une prolongation de quatre jours, a-t-elle précisé.
Par la voix de leurs avocats, les militants dénoncent des conditions de détention indignes et des violences physiques subies lors de leur transfert forcé vers Israël. Selon leurs témoignages, ils auraient été passés à tabac et maintenus dans des positions de stress durant plus de 48 heures en mer. Thiago Avila a déclaré aux avocats avoir été « traîné face contre terre et battu si violemment qu’il a perdu connaissance à deux reprises ». Il a ajouté que, depuis son arrivée en Israël, il avait été « maintenu à l’isolement, avec les yeux bandés », selon Miriam Azem.
Le Brésil et l’Espagne dénoncent leur arrestation
Des accusations de brutalité qui ont fait réagir jusqu’au sommet de l’État espagnol : le ministre des Affaires étrangères dénonce une « arrestation illégale » et conteste fermement tout lien entre les activistes et le Hamas. Ce dimanche, il a de nouveau exigé la « libération immédiate » de son ressortissant, précisant que le consul d’Espagne à Tel-Aviv avait accompagné « l’Espagnol détenu illégalement » à l’audience.
De son côté, le renseignement israélien affirme que ces interrogatoires sont nécessaires pour déterminer l’implication des deux hommes dans des activités interdites. En signe de protestation, Thiago de Avila et Saif Abukeshek ont entamé une grève de la faim. Alors que leurs 170 compagnons de route ont été immédiatement expulsés vers la Grèce, le sort des deux hommes reste suspendu à la prochaine audience, prévue dans deux jours.



