
Ce retour intervient dans un contexte politique inédit, marqué par l’élection de Joseph Aoun à la présidence et la désignation de Nawaf Salam comme Premier ministre. « Enfin ! » s’est exclamé le président Aoun en accueillant Fayçal ben Farhane au palais de Baabda, saluant cette visite comme un signe de renouveau dans les relations entre Beyrouth et Riyad.
Les conditions du soutien saoudien
Selon des sources proches de la présidence, le ministre saoudien a exprimé la confiance de son pays dans le mandat du président Aoun, affirmant que Mohammed ben Salmane suivra de près les évolutions locales sous ce sexennat. Le discours d’investiture de Joseph Aoun, qualifié de « boussole du nouveau mandat », a été particulièrement bien reçu par Riyad.
Cependant, le soutien saoudien ne sera pas inconditionnel. Fayçal ben Farhane a souligné que la mise en œuvre de réformes économiques reste un préalable essentiel pour que le Liban regagne la confiance de ses partenaires. « La mise sur pied des réformes est à même de permettre au pays du Cèdre de retrouver sa place dans son entourage arabe et international », a-t-il affirmé.
Ce message a été renforcé par le soutien accordé au tandem formé par Joseph Aoun et Nawaf Salam. Le ministre saoudien a exprimé sa confiance dans leur capacité à lancer les réformes nécessaires pour renforcer la sécurité et la stabilité du pays. Nawaf Salam, déterminé à former un gouvernement conforme aux exigences de la Constitution et de l’accord de Taëf, a réitéré son engagement en faveur des réformes économiques. Toutefois, il devra surmonter des défis majeurs, notamment la représentation chiite au sein de son équipe ministérielle.
Les priorités : reconstruction et retrait israélien
Le chantier de la reconstruction figure parmi les priorités évoquées lors de cette visite. Après des années de crise, le Liban espère un coup de pouce de Riyad pour relancer ses institutions et son économie. L’aide saoudienne pourrait être déterminante pour ce processus, bien qu’elle dépende des avancées politiques et des réformes structurelles.
La résolution 1701 du Conseil de sécurité, qui exige le retrait israélien du Liban-Sud et la démilitarisation des zones au sud du fleuve Litani, a également été abordée. Fayçal ben Farhane a insisté sur l’importance de préserver la souveraineté et la sécurité du Liban en mettant en œuvre cette résolution. « Nous sommes optimistes quant à l’unité du pouvoir libanais pour saisir cette opportunité historique », a-t-il déclaré.
Un soutien diplomatique renforcé
En plus de ses entretiens avec le président Aoun, le ministre saoudien a rencontré plusieurs figures politiques influentes, notamment Nabih Berry, président de la Chambre, et le Premier ministre sortant, Nagib Mikati. Ce dernier a exprimé son espoir que Riyad soutiendra le Liban dans tous les domaines durant cette phase cruciale de relance. Ces rencontres traduisent une approche saoudienne pragmatique, centrée sur les institutions officielles et les réformes concrètes.
La visite de Fayçal ben Farhane marque une étape décisive pour le Liban, qui voit en ce retour saoudien un espoir de stabilisation et de relance économique. Toutefois, les attentes de Riyad sont claires : sans réformes, il n’y aura pas de soutien financier ou diplomatique durable.


