04092026Headline:

Liban: La résilience militaire du Hezbollah fragilise le processus de désarmement engagé par l’État

Affaibli par la dernière guerre avec Israël en 2024, marquée par la décapitation de son commandement politique et militaire, le Hezbollah a surpris les observateurs. Malgré le démantèlement par l’armée libanaise d’une partie de ses infrastructures militaires au sud du fleuve Litani, le parti chiite a déployé lors du conflit actuel une importante puissance de feu, avec en moyenne 200 roquettes et drones tirés tous les jours. Au sol, ses combattants font face depuis plus d’un mois à cinq divisions israéliennes. Le processus de désarmement du Hezbollah dans lequel le gouvernement libanais s’est officiellement engagé est-il désormais enterré ?

Pour les autorités libanaises, qui ont considéré comme « illégales » les activités militaires du Hezbollah dès le premier jour de la guerre, le 2 mars, le processus de désarmement est toujours en vigueur.

Le président de la République a une nouvelle fois réaffirmé hier, mercredi, son engagement à continuer ce que les autorités appellent le « monopole de l’État sur les armes ». S’exprimant devant le ministre belge des Affaires étrangères en visite à Beyrouth, Joseph Aoun a souligné la détermination de l’État « à étendre son autorité sur l’ensemble du territoire ».

Le Hezbollah revendique son droit à répondre à l’agression
Le parti chiite estime que les attaques israéliennes sur le Liban, plus particulièrement les raids meurtriers de mercredi, confirment son « droit naturel et légal de résister à l’occupation et de répondre à son agression ». Le parti chiite a réaffirmé dans un communiqué sa détermination à « freiner l’ennemi », « défendre le peuple et la patrie » et « protéger (sa) sécurité face à l’agression continue ».

Le Liban plongé dans la terreur face aux frappes israéliennes massives

On le voit bien, les deux positions restent diamétralement opposées. Il s’agit d’une fracture verticale de la société dans le sens où elle traverse la classe politique, les élites et la population. C’est ce qui rend ce clivage dangereux pour l’unité nationale.

Et c’est aussi ce qui explique la prudence des protagonistes et leur souci de ne pas arriver à un point de non-retour susceptible de menacer la paix civile, surtout en cette période de guerre.

La guerre actuelle pourrait-elle accélérer ou, au contraire, ralentir le processus de désarmement ?
Tout dépend de l’issue de la guerre. Si le Hezbollah sort vaincu de ce conflit, il pourrait faire profil bas, jeter du lest et accepter d’importantes concessions au sujet de sa structure militaire. S’il survit à la guerre, c’est-à-dire si Israël ne parvient pas à le briser, aucun autre acteur, pas même l’armée libanaise, n’auront les moyens ou la force nécessaires pour le désarmer.

Dans ce cas, le Hezbollah pourrait faire preuve d’une plus grande intransigeance. Cependant, un Hezbollah trop puissant pourrait braquer contre lui les autres communautés, qui se sentiraient alors menacées et en insécurité. Ce sera alors un véritable test pour la solidité de l’unité nationale.

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