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Peine de mort en Iran/ Au moins 975 exécutions dont 31 femmes recensées en 2024

Le 20 février 2025, les organisations Iran Human Rights (IHR) et Ensemble contre la peine de mort (ECPM) ont publié un rapport alarmant : au moins 975 exécutions ont été recensées en Iran en 2024, marquant un triste record depuis 2008. Ce chiffre représente une augmentation de 17 % par rapport à 2023 et illustre une utilisation croissante de la peine de mort comme outil de répression politique.
Selon les ONG, le régime iranien instrumentalise la peine capitale pour étouffer les dissidences et maintenir son emprise sur la population. De nombreuses exécutions ont visé des opposants politiques, des militants des droits humains ou encore des manifestants arrêtés lors des protestations de ces dernières années.

L’Iran de plus en plus intraitable
L’Iran est déjà l’un des pays qui applique le plus la peine de mort, aux côtés de la Chine et de l’Arabie saoudite. Cependant, l’année 2024 marque une escalade inquiétante, selon IHR et ECPM, qui dénoncent une répression accrue des voix contestataires à travers des procès expéditifs et des exécutions massives.

Parmi les 975 exécutions, au moins 31 concernent des femmes, un chiffre sans précédent depuis que IHR a commencé son suivi en 2008. La plupart d’entre elles étaient accusées de meurtre, souvent dans des contextes de violences conjugales ou de violences domestiques, tandis que d’autres ont été condamnées pour des infractions liées aux stupéfiants.
Les experts des droits humains soulignent que les femmes en Iran, particulièrement issues des minorités ethniques et des milieux défavorisés, sont particulièrement vulnérables face à la justice iranienne. Beaucoup sont exécutées sans véritable procès équitable et sans possibilité de se défendre efficacement.

Des organisations montent au créneau
Le rapport d’IHR et ECPM est basé sur des sources indépendantes, mais les chiffres officiels du gouvernement iranien ne sont pas accessibles. D’autres organisations, comme le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), avancent des estimations encore plus élevées, évoquant plus de 1 000 exécutions en 2024, un niveau jamais atteint depuis 30 ans.

Cette absence de transparence rend difficile la collecte de données précises et soulève des inquiétudes quant au nombre réel d’exécutions, qui pourrait être encore plus élevé. Face à cette augmentation du recours à la peine de mort, plusieurs ONG et gouvernements appellent la communauté internationale à renforcer la pression sur l’Iran. Amnesty International et l’ONU demandent un moratoire sur la peine de mort, dénonçant une justice iranienne arbitraire et instrumentalisée à des fins politiques.

Les appels à des sanctions internationales contre les responsables de ces exécutions se multiplient, mais jusqu’à présent, les efforts diplomatiques peinent à freiner cette vague d’exécutions en Iran. L’année 2024 restera marquée par un recours massif et croissant à la peine de mort en Iran, touchant opposants politiques, minorités et femmes. Alors que les exécutions atteignent un niveau record depuis 2008, les organisations de défense des droits humains continuent de dénoncer une justice partiale et une répression brutale.

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