05052026Headline:

**Sydia Touré s’exprime sur la nouvelle constitution en Guinée et appelle la junte du CNRD à un dialogue national**

**Sydia Touré revient sur la scène politique guinéenne et appelle à un dialogue national sur la nouvelle constitution**

Absent de la scène politique guinéenne depuis plus de deux ans, Sydia Touré, président de l’Union des Forces Républicaines (UFR), refait surface avec des réflexions significatives sur les défis actuels de la Guinée. Dans une interview exclusive accordée à la chaîne allemande Deutsche Welle (DW) depuis Abidjan, l’ancien Premier ministre de Lansana Conté a abordé des sujets essentiels, notamment le projet de nouvelle constitution guinéenne et la récente levée de la suspension de la Guinée par l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).

Un projet de constitution controversé

À propos de l’avant-projet de la nouvelle constitution, Touré a exprimé des observations critiques. Il a mentionné avoir parcouru le texte et y avoir constaté des ressemblances avec la Constitution gaullienne de 1958, qui a inspiré de nombreux pays francophones. Il a cependant dénoncé certaines mesures visant des individus spécifiques sous couvert de lois générales.

« Je l’ai lu en diagonale », a-t-il déclaré. « Les constitutions francophones s’inspirent toutes de celle de 1958. Il n’y a rien de nouveau, à l’exception de dispositions qui, bien que formulées dans un cadre législatif, semblent clairement cibler certaines personnes. » Ces critiques soulignent une inquiétude quant à l’utilisation de la loi pour régler des comptes politiques, une pratique que Sydia Touré considère incompatible avec une véritable réforme constitutionnelle.

La levée de la suspension de l’OIF : Une décision contestée

Un autre sujet clé soulevé par Sydia Touré est la levée de la suspension de la Guinée par l’OIF. Cette suspension avait été décidée en raison des événements politiques et de l’absence de progrès démocratique. Touré a fait part de sa désapprobation à l’égard de cette décision, estimant que les justifications avancées pour lever cette sanction étaient insuffisantes.

« J’ai trouvé cela regrettable », a-t-il indiqué. « Les arguments présentés m’ont paru légers, surtout en tenant compte de la situation des libertés et des droits en Guinée. » Touré a particulièrement mis en évidence la fermeture de la plupart des médias dans le pays, ainsi que la disparition non résolue de deux figures publiques, Foniké Mengué et Mamadou Billo Bah, un sujet qui continue de susciter des tensions.

Pour l’ancien Premier ministre, la résolution de ces problèmes ne peut passer que par un dialogue inclusif entre les Guinéens. Il plaide pour une table ronde où toutes les voix seraient entendues, condition essentielle selon lui pour progresser.

« La meilleure manière de sortir de cette crise est de dialoguer », a-t-il insisté. « Il est crucial que nous, Guinéens, discutions ensemble des solutions, indépendamment des décisions que chacun envisage. Sans un débat où chacun peut s’exprimer librement, il sera difficile de trouver une issue positive. »

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