Trump chez MBS : 142 milliards $ d’armes, 600 milliards $ d’investissements… et levée des sanctions syriennes
Donald Trump a fait bouger les lignes lors de sa visite en Arabie saoudite ce 13 mai 2025 : un contrat de défense historique de 142 milliards de dollars et des promesses d’investissements totalisant 600 milliards $ pour les États-Unis. Une opération séduction couronnée par une surprise géopolitique : la levée des sanctions américaines contre la Syrie.
Le pacte signé avec Mohammed ben Salman (MBS) inclut 142 milliards $ d’armements (systèmes de défense aérienne THAAD, missiles Patriot, navires de guerre et technologies de communication militaires). 20 milliards $ pour l’IA avec la société saoudienne DataVolt qui financera des centres de données aux États-Unis.
80 milliards $ dans la tech avec des contrats avec Google, Oracle, Salesforce et AMD pour moderniser l’infrastructure numérique saoudienne. « Le plus gros contrat de défense de l’histoire américaine », vante la Maison Blanche. Un jackpot pour les industriels US, dont Lockheed Martin et Raytheon, qui fourniront l’essentiel des équipements.
Le tête-à-tête Trump-MBS
Accueilli en grande pompe (escorte de chasseurs F-35, garde royale à cheval), Donald Trump a affiché sa complicité avec le prince héritier. « Je pense vraiment que nous nous apprécions beaucoup », a-t-il déclaré, soulignant leur « partenariat économique stratégique ». Déjà en 2017, Trump avait fait de Riyad sa première destination internationale. Cette fois, il était accompagné d’Elon Musk, symbole d’un voyage centré sur les affaires.
La bombe médiatique est tombée en marge des accords. Donald Trump a annoncé la levée des sanctions contre la Syrie, à la veille d’une rencontre avec le président par intérim Ahmed al-Chareed.
Une décision prise « après des demandes pressantes de MBS », a-t-il reconnu, ajoutant avec humour : « Qu’est-ce que je ne ferais pas pour le prince héritier ? ». À Damas, l’annonce a été accueillie avec un espoir prudent. « Si les sanctions tombent vraiment, la situation pourrait s’améliorer », confie Ahmed, commerçant.
Trump 2025 vs Trump 2017 : Même stratégie, plus d’audace
Ce déplacement confirme la doctrine Trump axée sur la priorité aux contrats plutôt qu’aux droits humains (malgré le passif saoudien sur l’affaire Khashoggi), levée dans la foulée des sanctions comme outil diplomatique (après l’Iran en 2018, la Corée du Nord en 2019), séduction des autocrates. Après Riyad, Trump doit rencontrer les dirigeants du Qatar et des Émirats.
Avec ces annonces, Trump relance son image de « deal maker » avant l’élection de 2026. L’Arabie saoudite peut-elle absorber 142 milliards $ d’armes dans un contexte régional volatile ? La Syrie pourra-t-elle se relever sans un plan de reconstruction international ? A Damas comme à Wall Street, on retient son souffle.



