À Washington, les négociations autour d’un cessez-le-feu à Gaza se poursuivent, sous l’œil attentif des médiateurs qataris, égyptiens et américains. Si certains obstacles semblent avoir été levés ces derniers jours, la question du retrait israélien de l’enclave reste au centre des débats. Les discussions, menées dans une atmosphère tendue, avancent à petits pas, chaque camp campant sur ses positions.
Les pourparlers avec le Hamas ont permis d’aboutir à un consensus sur plusieurs points, notamment la distribution de l’aide humanitaire. Les parties impliquées se sont entendues pour que l’acheminement de cette aide, dans les zones évacuées par l’armée israélienne, soit assuré par l’ONU ou des organisations internationales indépendantes.
Le retrait israélien, pierre d’achoppement des discussions
Cette mesure vise à garantir la neutralité de l’assistance, alors que la Fondation humanitaire pour Gaza, soutenue par Israël et financée par les États-Unis, a vu ses centres de distribution frappés par de nombreux incidents meurtriers ces dernières semaines.
Les États-Unis, par la voix de leur président, se sont engagés à ne pas permettre à Israël de remettre en cause une éventuelle trêve, comme cela avait pu se produire en mars. Cette garantie américaine, saluée par les médiateurs, doit rassurer les parties et faciliter la mise en œuvre d’un accord.
Si l’aide humanitaire et certaines garanties semblent acquises, la question du retrait militaire israélien continue de diviser. Depuis la reprise des combats en mars, Israël a consolidé son contrôle sur plus de la moitié de la bande de Gaza. Le Hamas, de son côté, exige un retrait total jusqu’aux lignes d’avant le précédent cessez-le-feu, une demande à laquelle Israël n’a pas donné suite.
Benyamin Netanyahou en difficulté
Des cartes de redéploiement ont été discutées entre responsables américains, israéliens et qataris, mais aucun accord n’a été trouvé sur la profondeur et la rapidité du retrait. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, fait face à une coalition fragilisée et à des pressions internes pour ne rien céder sur ce point. Son voyage à Washington, repoussé à la dernière minute, témoigne de la complexité de la situation politique à Tel-Aviv.
Dans ce contexte, les négociateurs restent prudents. Un haut responsable israélien a confié que la conclusion d’une trêve pourrait encore prendre « une à deux semaines », le temps de régler les derniers points de désaccord. Les discussions se poursuivent, avec en ligne de mire la possibilité d’un cessez-le-feu de 60 jours, période pendant laquelle Israël proposerait un arrêt définitif des hostilités, à condition que le Hamas accepte de déposer les armes. En cas de refus, l’armée israélienne poursuivrait ses opérations à Gaza.
Otages, diplomatie et jeux d’influence
Parmi les éléments discutés figure également la libération d’otages. Steve Witkoff, envoyé spécial américain pour le Moyen-Orient, a indiqué qu’un accord pourrait inclure la remise en liberté de dix otages vivants et la restitution de neuf corps. Cette question humanitaire reste sensible, tant pour les familles concernées que pour l’opinion publique internationale.
La visite de Benjamin Netanyahu à Washington intervient dans un contexte géopolitique chargé. Deux semaines plus tôt, le président américain avait ordonné des frappes sur des sites nucléaires iraniens, en soutien à Israël, avant de participer à la mise en place d’un cessez-le-feu entre Israël et l’Iran. L’administration américaine, sous la houlette de Donald Trump, cherche désormais à tirer parti de l’affaiblissement de l’Iran, allié du Hamas, pour pousser les deux parties à s’entendre sur une sortie de crise à Gaza.



