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En France: Nicolas Sarkozy demis de ses distinctions honorifiques après sa condamnation (Officiel)

Nicolas Sarkozy vient de perdre ses distinctions honorifiques après sa condamnation pour corruption. Il n’est plus légionnaire. La Légion d’honneur et l’ordre national du Mérite ne comptent plus Nicolas Sarkozy parmi leurs membres. L’ancien président de la République a officiellement été exclu de ces deux distinctions, à la suite de la confirmation définitive de sa condamnation à une peine d’un an de prison ferme dans l’affaire dite des écoutes.

L’arrêté actant ce retrait a été publié au Journal officiel du dimanche 15 juin. Il émane du grand chancelier de la Légion d’honneur, le général François Lecointre, qui en avait déjà évoqué la nécessité que le retrait devenait automatique dans le cas d’une condamnation pénale ferme supérieure ou égale à un an. L’exclusion concerne également ses deux co-prévenus dans cette affaire : son avocat Thierry Herzog et l’ex-haut magistrat Gilbert Azibert.

Une décision après l’échec des recours
Nicolas Sarkozy, président de la République entre 2007 et 2012, avait été élevé à la dignité de grand-croix dans l’ordre de la Légion d’honneur, le grade le plus élevé de cette institution fondée par Napoléon Bonaparte en 1802. Elle récompense, depuis sa création, les services rendus à la nation, qu’ils soient civils ou militaires. En 2016, plus de 90 000 personnes étaient encore membres vivants de l’ordre.

À ce jour, il est le deuxième chef d’État français à être privé de cette distinction, après le maréchal Philippe Pétain. Condamné pour haute trahison en 1945, Pétain avait lui aussi été radié de la Légion d’honneur. La comparaison entre les deux cas en vaut l’objet, tant la décision de retirer cette décoration à un ancien président reste rare dans l’histoire politique française.
L’affaire des écoutes remonte à 2014. À l’époque, Nicolas Sarkozy est soupçonné d’avoir tenté d’obtenir des informations confidentielles auprès de la Cour de cassation par l’intermédiaire de son avocat Thierry Herzog, en échange d’un éventuel soutien à la carrière du magistrat Gilbert Azibert. Des écoutes téléphoniques réalisées dans le cadre d’une autre enquête avaient permis de mettre à jour ces échanges.

En première instance comme en appel, les trois hommes avaient été condamnés à trois ans de prison, dont un an ferme. En décembre dernier, la Cour de cassation a rejeté leur ultime recours, rendant la condamnation définitive. Ce rejet a ouvert la voie à la procédure de retrait des distinctions honorifiques, qui, dans ce cadre, ne nécessitait pas de décision discrétionnaire.

Un recours annulé et des mesures coercitives prises
Par la voix de son avocat, Me Patrice Spinosi, Nicolas Sarkozy a « pris acte » de cette décision. Il mise désormais sur un recours introduit devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Selon son conseil, une éventuelle condamnation de la France par la CEDH pourrait entraîner une révision de la peine prononcée, et par conséquent, l’annulation de l’exclusion de la Légion d’honneur. « L’une n’est que la conséquence de l’autre », a estimé l’avocat, insistant sur la portée symbolique de cette radiation.

En France, la décision a provoqué diverses réactions, notamment dans les rangs de la droite. Plusieurs responsables politiques, et même le président Emmanuel Macron, se sont exprimés sur le sujet. En marge d’un déplacement à Madagascar, ce dernier avait jugé en avril dernier que ce retrait ne serait peut-être « pas une bonne décision », laissant entendre que la question n’était pas uniquement juridique, mais également politique et mémorielle.

Un ancien président rattrapé par les affaires
Cette condamnation n’est pas la seule affaire judiciaire impliquant Nicolas Sarkozy. L’ancien président reste au cœur de plusieurs procédures. En ce début d’année 2025, il a comparu dans un dossier concernant des soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. Le verdict dans cette affaire est attendu pour la fin du mois de septembre.

L’ancien chef de l’État, qui continue de bénéficier d’une influence au sein de la droite française, voit ainsi son image fragilisée par ces dossiers successifs. Si ses soutiens dénoncent un « acharnement judiciaire », ses adversaires soulignent l’exigence d’exemplarité qui pèse sur ceux qui ont exercé les plus hautes fonctions de l’État.
Pour l’institution de la Légion d’honneur, cette décision vient rappeler la rigueur qui entoure l’octroi et le maintien de la distinction. La radiation n’a rien d’automatique dans la majorité des cas, mais elle devient inévitable lorsqu’un bénéficiaire est condamné de manière définitive à une peine de prison ferme d’au moins un an. Le statut de la personne condamnée, même ancien président, n’y change rien.

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