James Comey, ancien directeur du FBI, a été formellement inculpé (jeudi soir) devant un tribunal fédéral en Virginie pour avoir fait de fausses déclarations au Congrès et entravé une enquête liée à l’affaire russe. Cette inculpation sans précédent marque l’aboutissement d’une longue confrontation entre Comey et l’ancien président Donald Trump.
Une inculpation historique et très médiatisée
L’acte d’accusation déposé dans le district de Virginie porte sur des faits survenus lors du témoignage de Comey devant la commission judiciaire du Sénat, le 30 septembre 2020. À cette occasion, il aurait mentionné sur le fait d’avoir autorisé ou non une source anonyme au sein du FBI, ce que l’acte d’accusation conteste. Il est également reproché à Comey d’avoir entravé une enquête du Congrès portant sur la divulgation de données sensibles. Cet acte apparaît dans les derniers jours avant l’expiration du délai de prescription, suggérant une décision stratégique du ministère de la Justice.
Après son départ du FBI, Comey avait rendu publics des mémos confidentiels évoquant ses rencontres avec Trump, des documents qui ont alimenté les débats sur une possible obstruction à la justice.
Ce rebondissement judiciaire survient peu après la démission d’Erik Siebert, ancien procureur américain en Virginie qui avait supervisé les dossiers impliquant Comey ainsi que la procureure générale de New York, Leticia James. Siebert, qui avait exprimé des doutes quant aux charges retenues, avait refusé de porter des accusations criminelles. Sa démission a suivi la pression de Donald Trump, qui avait publiquement demandé son départ. Son successeur par intérim est Lindsey Halligan, une ancienne avocate personnelle de Trump.
Dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux, Comey déclare ne pas avoir peur et invite ses soutiens à ne pas céder à la peur, qu’il qualifie d’outil d’un tyran. De son côté, Donald Trump condamne vigoureusement l’inculpation, qualifiant Comey de « l’un des pires êtres humains » qu’ait connu le pays, et le tient responsable de crimes graves. Le directeur actuel du FBI, Kash Patel, évoque sur le réseau X la politisation passée des forces de l’ordre fédéral, citant le « canular du Russiagate » comme un moment noir dans l’histoire des États-Unis.
La procureure générale Pam Bondi, également sur X, affirme que personne n’est au-dessus de la loi et souligne la volonté du ministère de la Justice de tenir responsables ceux qui abusent de leur pouvoir. James Comey avait été brusquement limogé par Donald Trump en 2017, vraisemblablement pour sa gestion de l’enquête sur Hillary Clinton et son serveur privé, mais plus tard le président avait admis que ce licenciement était lié à l’enquête sur les liens possibles entre la campagne Trump et la Russie.
La nomination de Robert Mueller comme conseiller spécial avait suivi, établissant dans son rapport de nombreuses interactions entre des membres de la campagne Trump et des agents russes, sans toutefois retenir l’accusation de complot. Après son départ du FBI, Comey avait rendu publics des mémos confidentiels évoquant ses rencontres avec Trump, des documents qui ont alimenté les débats sur une possible obstruction à la justice. Lors de son audition en 2020 devant le Sénat, il avait nié avoir menti sous serment, mais la nouvelle inculpation remet cette déclaration en cause.



