À Gaza, dans le camp de déplacés de Bureij, Shireen al-Kurdi fabrique des poupées. Un refuge émotionnel pour cette professeure d’arabe qui s’investit désormais à donner du sourire aux enfants exposés au affres de la guerre. Shireen semble avoir trouvé sa voie au milieu des ruines de l’enclave palestinienne.
« L’idée de fabriquer et de concevoir des jouets [des poupées] m’est venue après trois ans de blocus et de restrictions, alors que les jouets n’étaient plus importés. J’ai pensé que je pourrais fabriquer des poupées pour mes propres enfants afin qu’ils puissent jouer et s’amuser. Plus tard, les jouets sont devenus populaires et très demandés, j’ai donc décidé de développer mon activité et de les commercialiser », déclare Shireen al-Kurdi, professeure d’arabe.
Mère de cinq enfants, Shireen vit dans une bande de terre ravagée par le conflit israélo-palestinien, où la famine et le manque de tout rongent le quotidien. Dans sa tente, entre crochets, aiguilles et pelotes de laine colorée, Shireen expose ses créations.
« Après trois ans de guerre, les enfants n’ont plus de jouets ; leurs jouets ont été ensevelis sous les décombres de leurs maisons. Après avoir été déplacés à plusieurs reprises, la plupart sont rentrés chez eux, mais leurs jouets ont été perdus sous les ruines. Les poupées sont donc devenues une bouée de sauvetage pour les enfants, leur redonnant le sourire », explique-t-elle.
Chaque poupée lui rapporte 10 dollars, une somme modeste mais vitale pour subvenir aux besoins des siens. Pourtant, son plus grand défi reste l’approvisionnement en laine, rare et précieuse dans un territoire où tout manque. Le territoire est encore sous blocus israélien, malgré le cessez-le-feu.




