Les Canaries se préparent à l’arrivée, dans la nuit de samedi à dimanche, du bateau de croisière touché par l’hantavirus. Plusieurs pays, dont la France, ont pour leur part annoncé la mise en place de vols spéciaux pour évacuer leurs ressortissants actuellement à bord.
La plupart des infortunés passagers du MV Hondius, le navire de croisière touché par un foyer d’hantavirus, ne resteront pas longtemps aux Canaries. Des vols de rapatriement sont déjà prévus vers les États-Unis, le Royaume-Uni, ainsi que vers la France, l’Allemagne, la Belgique, l’Irlande et les Pays-Bas, a annoncé le ministre espagnol de l’Intérieur samedi 9 mai.
Pour les passagers de pays “qui ne font pas partie de l’Union européenne et ne disposent pas de moyens aériens pour assurer le rapatriement de leurs ressortissants”, les autorités espagnoles “préparent un plan” en coordination avec les Pays-Bas, l’armateur et l’assureur du navire, a précisé Fernando Grande-Marlaska lors d’une conférence de presse.
L’Allemagne, la Belgique, la France, l’Irlande et les Pays-Bas avaient déjà annoncé qu’ils enverraient des avions pour évacuer leurs ressortissants se trouvant à bord du navire de croisière. De son côté, l’Union européenne a prévu deux avions supplémentaires pour les ressortissants d’autres pays européens.
Les États-Unis et le Royaume-Uni ont également confirmé que des plans d’évacuation étaient en cours d’organisation pour les ressortissants de pays tiers qui ne sont pas en mesure d’envoyer un avion les chercher, a dit le ministre.
Les passagers seront autorisés à emporter leurs effets personnels essentiels, mais le reste des bagages resteront sur le navire et seront transportés aux Pays-Bas où ils seront désinfectés, ont fait savoir les autorités espagnoles.
Les ressortissants espagnols débarqueront en premier, l’ordre d’évacuation des autres nationalités devant être déterminé par les autorités sanitaires. Les ressortissants étrangers ne pourront pas débarquer tant que leur avion d’évacuation ne sera pas prêt à décoller, a précisé Fernando Grande-Marlaska.
L’OMS salue “la solidarité” de l’archipel
Le MV Hondius doit arriver aux Canaries “entre 4 h et 6 h” heure locale (entre 3 h et 5 h GMT), a annoncé la ministre espagnole de la Santé, Monica Garcia Gomez, samedi précisant lors d’une conférence de presse qu'”une partie de l’équipage” resterait à bord du navire “qui poursuivra ensuite sa route vers les Pays-Bas”.
Sur le quai du port industriel de Granadilla, à Tenerife, les plus courageux se baignaient dans l’eau fraîche, tandis que d’autres faisaient leurs courses au marché ou bien étaient attablés en terrasse, témoignant d’une activité relativement normale, a constaté un journalise de l’Agence France-Presse (AFP).
“Il y a des inquiétudes qu’il puisse y avoir un danger, (…) mais honnêtement, je ne vois pas les gens très préoccupés”, assure David Parada, un vendeur de loterie.
Les autorités régionales des Canaries se sont, elles, fermement opposées à l’accostage sur l’archipel du MV Hondius, qui mouillera finalement au large avant les évacuations qui devront avoir lieu entre dimanche midi et lundi, seule “fenêtre” possible en raison de la météo, selon un responsable du gouvernement local.
Dans une lettre adressée aux habitants de l’île canarienne de Tenerife, le patron de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a assuré entendre “l’inquiétude” de la population face à une situation “grave”, tout en répétant que “le risque actuel pour la santé publique lié à l’hantavirus demeure faible” et saluant “la solidarité” de l’archipel.
Le dernier bilan de l’OMS vendredi a recensé six cas confirmés d’hantavirus parmi huit cas suspects, comprenant trois personnes décédées de ce virus connu mais rare, pour lequel il n’y a ni vaccin ni traitement. Cette maladie peut notamment provoquer un syndrome respiratoire aigu.
“Aucun contact” avec la population
Face à la presse à Madrid samedi, les ministres espagnols de la Santé et de l’Intérieur ont précisé le dispositif, tout en tenant à rassurer au maximum les habitants de l’archipel, affirmant qu’il n’y aurait “aucun contact” avec la population locale.
Après examen médical à bord, “les passagers débarqueront de manière échelonnée et ordonnée”, les 14 Espagnols “en premier”, en “portant (tous) des masques FFP2”, a expliqué Monica Garcia Gomez, tandis que le ministre de l’Intérieur Fernando Grande-Marlaska a évoqué une opération se voulant “rapide”, avec les évacués quittant le bateau de croisière “par groupe de nationalité”.
Les passagers seront ensuite transférés vers la terre ferme dans une embarcation plus petite, puis conduits jusqu’à l’aéroport de Tenerife-Sud, situé à une dizaine de minutes, pour être rapatriés dans la foulée par avion vers leur pays d’origine.
“Tout est prêt”, a assuré Fernando Grande-Marlaska, “toutes les zones par lesquelles (les passagers) vont transiter seront isolées”, notamment en créant une zone maritime d’exclusion autour du bateau de croisière à son arrivée, et des vols de rapatriement sont déjà prévus vers les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, la Belgique, l’Irlande et les Pays-Bas. En milieu de semaine, trois personnes avaient déjà été débarquées au Cap-Vert.



