Malgré une hausse des dons d’organes au Québec depuis une dizaine d’années, les besoins demeurent importants, laissant des centaines de personnes en attente d’une greffe qui pourrait leur sauver la vie.
« On observe une augmentation des dons, ce qui est une bonne nouvelle, mais on demeure toujours en situation de pénurie », résume Sylvain Lavigne, directeur des soins infirmiers chez Transplant Québec, l’organisme responsable de coordonner les dons d’organes dans l’ensemble de la province depuis 1956.
Cette rareté s’explique notamment par les conditions très précises pour qu’un don soit possible. « Les critères pour être donneurs d’organes sont très spécifiques », explique M. Lavigne.
Lorsqu’un décès cérébral est constaté, les organes destinés à la transplantation doivent rester fonctionnels et être maintenus en bon état durant l’ensemble du processus médical. En conséquence, une faible proportion des décès permet un don.
Un baume pour les familles
Pour certaines familles, le don d’organes peut représenter une source de réconfort dans le contexte du deuil. « De plus en plus, les gens vont de l’avant. […] De savoir que la personne décédée vit encore, quelque part ça aide à leur deuil », mentionne Marie-Ève Lalonde, cheffe des services cliniques chez Transplant Québec.
C’est ce qu’a vécu Guylaine Perron, dont la fille Jessica Martel a fait le don de ses organes à la suite d’un accident de voiture survenu en 2011. Cette dernière n’avait que 18 ans et étudiait en musique au cégep en plus de pratiquer le judo et la natation.
Pour Mme Perron, la décision de donner les organes de sa fille a été une évidence. Elle se souvenait que sa fille avait signé sa carte de la RAMQ au secondaire, après une visite de Transplant Québec dans sa classe, et qu’elle en avait discuté avec ses parents.
Mme Perron confie avoir été surprise par le profil des personnes ayant bénéficié des organes de sa fille. « On s’imagine souvent que ce sont des gens âgés, mais ce n’est pas toujours le cas », souligne-t-elle, ajoutant que « ça aide de savoir que [sa] fille a contribué à la vie d’une autre personne ».
Une expertise essentielle
Derrière chaque don se trouve une organisation complexe qui exige rapidité, précision et coordination entre plusieurs équipes médicales à travers le territoire.
De plus, les employés sont formés pour garder une approche humaine tout au long du processus. « Tout a été fait dans le respect. Je n’ai jamais senti de pression », témoigne Guylaine Perron.
Grâce à l’amélioration des pratiques et la sensibilisation du public, le temps d’attente pour certains organes a diminué pour atteindre un record en 2024 avec 49 jours pour les poumons et 156 jours pour le cœur.
Il y a quelques années, le temps d’attente pour les poumons était parmi les plus longs. « Ce sont des organes qui s’abîment plus facilement par exemple dans les accidents de voiture », précise Sylvain Lavigne.
Si tous les hôpitaux peuvent recommander un donneur d’organe, seulement dix centres hospitaliers offrent des programmes de transplantation d’organes, notamment le CHUM, le CUSM et le CHU de Québec
Les Québécois peuvent exprimer leur consentement auprès de la RAMQ ou d’un notaire.



