La tension était palpable hier à la cour d’appel de Paris. Nicolas Sarkozy, ancien président de la République, s’est présenté pour la dernière journée des audiences dans l’affaire du financement libyen présumé de sa campagne présidentielle de 2007.
En septembre 2025, le tribunal de première instance avait rendu un verdict lourd : coupable d’avoir sollicité des fonds auprès du régime de Mouammar Kadhafi. Toutefois, les juges n’avaient pas établi que cet argent avait effectivement transité vers sa campagne. Résultat : une condamnation à cinq ans de prison, dont vingt jours déjà purgés avant sa remise en liberté en attendant l’appel.
Or, devant la cour d’appel, Sarkozy a répété avec force qu’« il n’y avait pas un seul centime d’argent libyen » dans sa campagne victorieuse de 2007. À 71 ans, il nie toute implication et rappelle qu’il est devenu, en 2025, le premier ancien président français contemporain à avoir été incarcéré dans ce dossier.
Cependant, les procureurs défendent une tout autre lecture. Selon eux, ses proches auraient négocié un soutien financier en échange d’un rétablissement de l’image internationale de Kadhafi, alors mis au ban par l’Occident pour son rôle présumé dans plusieurs attentats. Ainsi, plusieurs victimes de ces attaques ont témoigné au procès, renforçant la gravité des accusations.
Pour sa part, Sarkozy affirme n’avoir jamais promis quoi que ce soit ni agi en faveur de responsables libyens. Le procès en appel doit se poursuivre jusqu’au 3 juin, avec un verdict attendu à l’automne. En cas de condamnation, l’ancien chef de l’État encourt jusqu’à dix ans de prison.



