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Syrie : Des combats entre bédouins et druzes font 89 morts,


Les forces syriennes ont envoyé des renforts lundi 14 juillet dans la province méridionale de Soueïda pour tenter de mettre fin à des affrontements entre tribus bédouines sunnites et combattants druzes qui ont fait au moins 89 morts en deux jours, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).
L’Observatoire a fait état lundi 14 juillet d’un nouveau bilan de 89 morts, parmi lesquels 50 druzes – 46 combattants, deux femmes et deux enfants –, 18 bédouins, 14 membres de forces de sécurité et sept personnes qui n’ont pas été identifiées. Le ministère de la Défense a, pour sa part, annoncé plus de 30 morts et une centaine de blessés.

Israël, qui est déjà intervenu ces derniers mois en Syrie sous prétexte de protéger les druzes, a annoncé avoir frappé ce même jour dans cette région plusieurs chars des forces gouvernementales syriennes, dont des membres combattent aux côtés des bédouins, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). « La présence de ces (chars) dans le sud de la Syrie pourrait constituer une menace pour l’État d’Israël. L’armée israélienne ne permettra pas l’établissement d’une menace militaire dans le sud de la Syrie et agira en conséquence », a averti l’armée israélienne dans un communiqué.

Ces nouvelles violences intercommunautaires illustrent les défis sécuritaires auxquels fait face le pouvoir intérimaire d’Ahmed al-Charaa depuis qu’il a renversé le président Bachar el-Assad en décembre dans un pays meurtri par près de 14 ans de guerre civile.

Lundi, les affrontements se poursuivaient aux abords de la ville à majorité druze de Soueïda, aux mains des combattants druzes, ont indiqué l’OSDH et le site d’information local Suwayda 24. Ils opposent « des tribus bédouines et des membres des forces de sécurité aux combattants druzes », a affirmé l’OSDH.
Appel au calme
Dans la ville, où des explosions et tirs étaient entendus, un petit nombre d’habitants ont participé aux funérailles de combattants tués dans les affrontements qui ont éclaté dimanche, selon un photographe de l’AFP. Les chefs religieux druzes ont appelé au calme et l’un des plus influents, cheikh Hikmat al-Hijri, a réclamé une « protection internationale immédiate » pour sa communauté, affirmant refuser l’entrée des forces gouvernementales dans les zones contrôlées par les druzes.

Dans un communiqué, le ministère syrien de la Défense a annoncé le déploiement d’« unités militaires dans les zones touchées », « l’ouverture de passages sûrs aux civils » ainsi que sa volonté de « mettre fin aux heurts rapidement ». Un correspondant de l’AFP a vu des renforts acheminés par le ministère de la Défense se diriger vers les abords de Soueïda alors que des ambulances évacuaient des victimes vers les hôpitaux de Damas.

Les affrontements avaient éclaté dimanche après l’enlèvement d’un commerçant druze par des bédouins qui ont installé des barrages sur la route reliant Soueïda à Damas, selon l’OSDH. Le ministre de l’Intérieur Anas Khattab avait estimé dimanche que l’« absence d’institutions étatiques, militaires et sécuritaires » était « une cause majeure des tensions persistantes à Soueïda. »

Des tensions persistantes
L’autoroute reliant Damas à Soueïda était toujours fermée, selon le correspondant de l’AFP. De fortes tensions couvaient depuis les heurts interconfessionnels en avril entre combattants druzes et forces de sécurité dans les zones druzes proches de Damas et à Soueïda, qui avaient fait plus de 100 morts.

Des membres de tribus bédouines sunnites de Soueïda avaient participé aux affrontements au côté des forces de sécurité, selon l’OSDH. À l’époque, des chefs locaux et religieux avaient conclu des accords, en vertu desquels des combattants druzes assurent depuis mai la sécurité dans la province.
La province de Soueïda abrite la plus importante communauté druze du pays, une minorité ésotérique issue de l’islam qui compte quelque 700 000 membres en Syrie. Les druzes sont répartis entre la Syrie, le Liban et Israël où quelque 152 000 d’entre eux sont recensés, selon les dernières données disponibles. Ce chiffre inclut les 24 000 druzes habitant la partie occupée du Golan, dont moins de 5% ont la nationalité israélienne.

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