À l’occasion du Forum « Global Progressive Mobilisation » à Barcelone, Sébastien Dano Djédjé, le président exécutif du PPA-CI, a porté la voix de Laurent Gbagbo. Entre critique acerbe des héritages coloniaux et appel à une souveraineté réelle, le parti de l’ancien président ivoirien a plaidé pour une refonte totale du modèle démocratique africain.
Réunir les forces progressistes et socialistes du monde entier pour proposer une alternative à la « gouvernance de domination ». Tel était l’enjeu du forum mondial qui s’est tenu récemment à Barcelone. Parmi les voix marquantes, celle du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), le parti de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo.
« Sans égalité réelle, la liberté devient un privilège. Les exemples sont légion en Afrique : on annonce des taux de croissance de 7 à 8 %, mais le citoyen ne le ressent pas dans son assiette. C’est la cherté de la vie », a-t-il dit.
Pour nous, la gauche panafricaniste doit être une force d’émancipation globale. Nous devons lutter contre l’autoritarisme, la dépendance imposée, l’exclusion et la marginalisation, et promouvoir la solidarité comme principe politique, a-t-il ajouté.
« Nos démocraties sont en crise »
D’entrée de jeu, l’émissaire de Laurent Gbagbo a brisé le tabou de la réussite démocratique sur le continent africain. Si le multipartisme est acquis, la « véritable démocratie », elle, reste un horizon lointain.
« Nos démocraties sont en crise », a-t-il martelé, pointant du doigt des institutions aux textes hérités de la colonisation qui peinent à instaurer un véritable État de droit. Il est donc impératif de passer du discours à l’action concrète : transformer les revendications sociales en politiques publiques, à travers des programmes économiques inclusifs, des politiques de redistribution et des investissements sociaux massifs.
« La démocratie en Afrique est sous cloche : elle vogue au gré du maître colonisateur, qui poursuit ses propres intérêts. Or, pour nous, la démocratie doit être le couronnement des textes que nous avons nous-mêmes rédigés », a-t-il estimé.
Le discours a pris une tournure plus politique en évoquant la situation personnelle de Laurent Gbagbo. Rappelant son acquittement par la Cour pénale internationale (CPI) en 2021 après dix ans de procédure, le président exécutif du PPA-CI a qualifié son éviction du pouvoir en 2010 de « déchéance par les armes ».
Pour un socialisme panafricain et souverain
Aujourd’hui, alors que l’échéance présidentielle de 2025 approche, le PPA-CI dénonce une « instrumentalisation de la justice » visant à empêcher leur leader de se présenter. Un exemple qui, selon l’orateur, illustre une démocratie « sous cloche », naviguant au gré des intérêts de l’ancien colonisateur.
Face à ce diagnostic, le PPA-CI appelle la gauche africaine à devenir une « force d’émancipation globale ». Le projet est clair : transformer les revendications sociales en politiques publiques concrètes, axées sur la redistribution des richesses et la protection sociale.
« La démocratie doit être le couronnement des textes que nous avons nous-mêmes rédigés », a insisté Sébastien Dano Djédjé. Le parti prône désormais un modèle de « socialisme démocratique » centré sur l’humain et la souveraineté nationale, exhortant les progressistes du monde entier à soutenir une égalité des chances sans concession sur le continent noir.
Au terme de son allocution, l’émissaire ivoirien, Sébastien Dano Djédjé, secrétaire exécutif du PPA-CI, a appelé la gauche à ne plus être une simple opposition de principe, mais à incarner « l’espérance politique de tout un continent ».



